Je sais pas si vos parents sont, comme Môman, fanas de petites expressions à la noix... Si c'est le cas, votre enfance a dû, comme la mienne, être baignée de ces petites phrases qui ne veulent pas dire grand chose, et vous comprendrez aisément ma frustration à leur égard. Sinon, eh ben lisez...

Quand j'étais petite, ma vie était rythmée de ces petites phrases que l'on dit issues du bon sens public (version Cely : plutôt du non-sens public, mais passons). Au printemps, même s'il faisait chaud l'après-midi, je ne sortais jamais sans mon pull, parce que "en avril ne te découvre pas d'un fil". En hiver, s'il faisait bon en décembre, on spéculait déjà sur le printemps car "Noël au balcon, Pâcques aus tisons", c'est bien connu. Les araignées, fallait pas en faire un plat, surtout si elles grimpaient sur mon lit en pleine nuit : "araignée du soir, espoir" (je devais être trop pressée le matin -si jeune et déjà à la bourre !- pour en aperçevoir, et heureusement car "araignée du matin, chagrin").

Chez ma grand-mêre s'y ajoutaient les superstitions... J'ai toujours trouvé ça ridicule, ça doit venir de cette overdose... Entre le parapluie qu'il ne fallait en AUCUN CAS faire sécher ouvert dans la cuisine (ça porte MALHEUR !!!), le pain qu'il fallait signer avant de trancher et surtout jamais déposer à l'envers sur la table, les chats noirs, les échelles et j'en passe !

Tous ces petits "travers" ne sont somme toute que très banals. Mais c'est sans compter les petites phrases assassines de Môman. De celles qui vous clouent le bec d'un gamin en moins de deux. Quoi de plus frustrant pour un gamin que de se faire couper la chique ?
Môman, donc avait deux phrases fétiches : quand j'avais faim en dehors des repas et que j'exprimais cet état de fait à voix haute j'avais droit à un jovial "mange ta main et garde l'autre pour demain". De quoi rester sans voix, non ?!
Quand j'arrivais au milieu d'une conversation et que je demandais de quoi il s'agissait, c'était "si on te le demande tu diras que tu ne le sais pas". Vous fulminez déjà, je le sens !

J'ai détesté ces phrases, je les ai haïes, et je crois que je ne pardonne toujours pas à Môman de m'avoir traitées de la sorte (non mais, qui se permettrait de me clouer le bec à moi ?!?!). Mais le pire, c'est que e me prends à les utiliser aussi, tellement elles sont entrées dans mon inconscient verbal...
Bon sang je plains mes futurs gosses :o)