Grande fan de James Bond, c'est avec beaucoup d'intérêt et un peu d'appréhension que j'attendais la sortie du nouveau James Bond avec le très blond Daniel Craig. Finalement j'ai attendu d'avoir quelques échos, positifs et négatifs, avant d'aller le voir. D'apès ce que j'avais entendu, c'était soit le meilleur James bond de la série,  soit un bon film d'action, qui n'a plus rien à voir avec un 007.
Pour me faire une idée et avoir un avis intéressant à la sortie du film, j'avais prévu ma scéance de ciné en compagnie d'un plus que fan inconditionnel. Ce genre de personne qui ridiculise vos neurones en étant capable de vous sortir le nom du bateau à la minute 45 de tel film. "Mais si, c'est écrit dessus et il reste à l'écran au moins 7 secondes, tu n'as pas pu le rater !". Faut dire qu'après une bonne 20aine de visonnage de chaque épisode, il y a de quoi connaître les détails par coeur. Bref, j'ai vu ce nouveau James Bond en l'agréable compagnie d'un conaisseur.

Casino Royale, Martin CAMPBELL - 2006
casino_royaleCe nouvel épisode de 007 n'est en fait pas si nouveau, puisqu'il s'agit de la toute première apparition de notre héros. Le livre du même nom est effectivement le premier de la (longue) série. C'est donc un James particulier que nous rencontrons, ce qui finalement correspond bien à la période de transition entre deux acteurs.

Commençons donc par le choix de l'acteur. Moi, comme tout le monde, j'avais adooré Sean Connery, qui reste pour moi le seul et unique James. Les autres ont bien essayé de faire pareil mais sans jamais réussir. Je n'ai jamais accroché avec Roger Moore, que je trouve trop "propret" pour ce rôle. Il faut dire que j'ai lu dans le temps jadis un des romans, et que le James des livres est bien plus corrosif que celui du cinéma... Pierce Brosnan a réussi à être convaincant, dans un registre plus moderne, et voilà que nous arrive un blondinet pas vraiment connu, et qui avait l'air un peu fade.
Mais en fin de compte, Daniel Craig est bien loin de l'image que je m'en étais faite. En James, il est top. En James débutant, il est topissime. Sombre à souhait, craquant en même temps, et en plus il en joue, le bougre. Car il y a dans ce film des arguments imparables pour attirer les spectatrices aussi.
Nous aurons donc droit à Daniel en maillot de bain, Daniel tout mouillé (Daniel aime bien l'eau on dirait !), Daniel torse nu, Daniel en costard, Daniel qui sort de l'océan, sous forme de petit clin d'oeil au premier James bond du cinéma, Dr No. Bref, de quoi se rincer l'oeil, et plutôt deux fois qu'une !

L'histoire à présent. Comme toujours, c'est assez basique. Des méchants (Le Chiffre fait son apparition), des filles (Eva Green, piquante) et James. Cette fois, c'est en remportant un tournois de poker que James pourra sauver le monde. Sauf que pour cette première mission, il sera chaperonné par une jolie comptable, de laquelle, misère, il va tomber amoureux. Premier pavé dans la marre. Car oui, dans Casino Royale, il y a des sentiments. Les personnages sont denses et on apprend beaucoup sur eux. Bien entendu, pas d'amour sans trahison, pas de premier boulot sans gaffe... James va en baver.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce film. Pour moi, c'est l'un des meilleurs Bonds de l'histoire du cinéma, et Daniel rempile pour autant d'épisodes qu'il veut ! Par contre, le Bondophile installé à côté de moi a nettement moins aimé. Pire, pour lui c'est le moins bon épisode de la série, voire même pas un Bond du tout. Ses arguments se tiennent. Les miens aussi.

Selon lui, ce James n'a pas la classe (c'est un mec, comprenez la classe vestimentaire, rien à voir avec le torse de Daniel...), ne prononce pas une fois la phrase mythique "My name is...", sauf à la toute dernière minute et boit n'importe quoi. ("qu'est-ce que je vous sers ? -Donnez moi n'importe quoi !"). Comble du comble, il se bat à mains nues tout au long du film, n'a recours à aucun gadget et pas la moindre trace de notre Q adoré... Mais tout ceci était prévisible dès le générique : pas une seule jolie pépée à l'horizon !

Alors effectivement, tout ça est vrai, et j'aurais eu tenance à penser, avant de voir le film, qu'il fallait un minimum respecter ses classiques. Sauf que non. N'oublions pas que Casino Royale est le tout premier James Bond. D'ailleurs en guise de prégénérique, on voit la manière dont il a obtenu son double 0. Alors forcément, il n'a pas encore construit son personnage. Et tout au long du film, ce ne sont qu'une série de petites explications du pourquoi du comment James est devenu ce qu'il est. Pourquoi smoking, pourquoi Martini-Vodka, pourquoi "my name is...". Un Bond à part, certes, mais extrèmement cohérent et bien fait. Une petite merveille, que je reverrais avec plaisir s'il passait encore dans les salles !