Ça y est, j'ai fini American Psycho, et malgré un soudain regain  d'intérêt pour ma garde-robe et ma volonté tout aussi surprenante de la transformer en garde-robe de fille, ce qui aurait pu laisser présager d'une sorte de contagion du livre sur ma modeste personne, bref malgré tout ça, sachez que je n'ai découpé personne en morceau, ni donné de chair humaine à manger à mon chat (qui va bien, merci)...

American Psycho, Brett Easton ELLIS - 1992(?)
American_psychoNew-York, dans les années 90. Patrick Bateman est, à 26 ans, promis à une belle carrière de courtier. Son charme naturel et ses amis influents sont des atouts qu'il maîtrise à la perfection. Pourtant, Patrick perd pied dans cet univers de papier glacé, et tous ses biens matériels, autant de signes extérieurs de richesse auxquels il voue un véritable culte, ne parviennent pas à remplir sa vie. Vide et insensible, il ne semble trouver de passion que dans le meurtre, le viol ou la torture.
[NDLR : je me demande quel genre de bizarroïdes je vais attirer ici avec ces 3 mots, moi..]
C'est un journal froid et impitoyable qu'il nous livre, narrant sans état d'âme aussi bien ses dîners mondains que ses pires méfaits nocturnes.

Ça commence comme le récit d'un jeune fils à papa qui a toujours eu ce qu'il voulait, à qui tout sourit et qui traite la vie avec une insupportable arrogance. Très vite, on déteste ce personnage qui représente le vide, le paraître et voue à l'argent une admiration sans fin.
Ça continue comme la chronique d'un jeune paumé qui ne ressent plus rien et recherche une étincelle qui pourrait enflammer sa vie. Ça pourrait être les femmes, la carrière, ce sera le meurtre gratuit. Pourtant, s'il ne semble pas avoir réellement conscience de ce qu'il fait la nuit, Patrick Bateman a l'air de rechercher désespérément de l'attention, de l'aide. En mentionnant ses actes, négligeamment au milieu d'une phrase, ou en avouant ses crimes. Mais ce ne seront qu'autant de cailloux dans l'océan tant personne n'écoute personne dans le monde dans lequel il vit. Pour autant, à aucun moment il ne remettra en question ni son mode de vie, ni ses valeurs...
Ça évolue ensuite vers la perte progressive de prise avec la réalité de ce personnage qui erre dans un milieu qu'il croit maîtriser mais où tout est éphémère et superficiel. Petit à petit, il perd la raison et plonge plus profondément dans la noirceur de son monde intérieur.

C'est un roman proprement glaçant. Passionnant mais glaçant. Parce qu'il dépeint avec précision un univers réel. Parce que nous connaissons tous un Patrick Bateman (du moins le Patrick de jour, espérons-le !). Nous connaissons tous quelqu'un pour qui l'apparence et l'argent sont de vraies valeurs.
Le monde de Patrick Bateman existe : c'est le nôtre, et c'est effrayant !