ADNMercredi soir, j'ai failli à mon devoir, je l'avoue... J'ai zappé la finale de L'Inventeur de l'année, et j'ai même zappé Les Experts : Manhattan, pour regarder un documentaire sur Arte (comme quoi des fois je garde mon cerveau en marche pour regarder la télé...). Le thème c'était les gènes (et vous remarquerez le fabuleux jeu de mots de mon titre !). Il y avait deux reportages, que j'ai trouvés très intéressants, bien qu'un tantinet flippants.

Le premier c'était sur l'homosexualité. Sur la grande question existencielle depuis la nuit des temps : nait-on homo ou le devient-on ? Personnellement je m'en contrefiche, le résultat est le même. Parce que comme je ne suis pas scientifique, pour moi un homo c'est une personne avant tout et peu m'importe si le sexe des gens qui partagent son lit est dicté par ses gènes ou non.

Mais visiblement cette question intéresse beaucoup de gens. Les chercheurs qui essaient de décoder notre ADN, évidemment, mais pas que. Parce qu'en fin de compte, la grande question là-derrière c'est "peut-on soigner l'homosexualité et comment ?".
Selon le documentaire, il existe tout un tas de groupes et mouvements qui ont des méthodes pour soi-disant en guérir. Et plein de gens prêts à se soigner. J'ai notamment vu le témoignage d'un "repenti" qui expliquait qu'aujourd'hui il lui suffisait d'éviter les endroits "à risque" tels que les vestiaires de salles de sport... Incroyable ce qui peut se passer dans la tête des gens !

Pour moi, toute cette culpabilité est principalement liée à la religion (du moins aux vestiges que des siècles de religion ont laissé dans l'inconscient des gens). Le sexe, c'est mal, sauf pour procréer (le plaisir, c'est mal, c'est le chemin de la facilité qui te mène droit en enfer !). Alors si le sexe dans le cadre du mariage, peut faire illusion (si-si, on veut plein d'enfants, juré !), avec un partenaire du même sexe, ya plus d'excuse, c'est juste vraiment-vraiment très mal !
Bref, tous ces gens convaincus de l'abomination contre-nature de ce type de comportement, seraient donc ravis d'apprendre que c'est causé par un gène, et mieux encore, qu'on pourrait le dépister avant la naissance à coup de thérapie génique ou d'avortement thérapeuthique !

Mais une autre question se pose si ce n'est pas génétique. Si on ne nait pas homo, c'est qu'on le devient. Et si on le devient, c'est qu'on le veut bien, ou du moins que c'est notre comportement qui le déclenche. Comme on devient alcoolique en buvant de l'alcool ou drogué en consommant de la drogue... Dans ce cas-là, on peut envisager le condamner. Par l'Eglise, par la justice peut-être un jour à nouveau, ou par je ne sais quoi d'autre...

Ce reportage m'a laissée bouche bée. J'ai vraiment du mal à comprendre, dans ma grande candeur, qu'on en soit toujours là. Qu'à notre époque et dans notre pays des gens pas si rares que ça fassent encore cas de la sexualité de leur voisin. Qu'on juge toujours les autres sur leurs actes alors qu'ils n'ont aucune conséquence sur notre vie. Qui sont ces gens pour décider de ce qui est bien ou mal ?
J'ai du mal à accepter qu'on soit homo ou handicapé ou noir ou femme avant d'être une personne. Ces aspects de nous n'en sont pourtant qu'une infime partie et sont ce qui fait de nous ce qu'on est. Une richesse, une différence, une personnalité. Et peu importe que ces spécificités soient génétiques ou non.

Le 2e reportage, moins révoltant pour mon côté "shiny happy people", c'était sur des jumelles, séparées à la naissance, élevées dans deux familles différentes et sans aucun contact entre elles jusqu'à l'âge de 45 ans. Un régal pour la science : l'occasion d'étudier la part de l'acquis et de l'inné.
Alors j'ai pas tout suivi, mais globalement ça expliquait que finalement bien plus de choses qu'on ne l'imaginait étaient dictées par nos gènes. Que bien que l'on ait décripté le génome humain, on est encore bien loin d'avoir compris les effets de toutes les combinaisons possibles !

Dans le reportage, j'ai été frappée de voir qu'au même âge, sur les photos de classe, les deux jumelles avaient exactement les même coiffures, et ce à plusieurs reprises au cours de leur scolarité.
Alors bien spur, une coiffure suit une mode, et comme elles avaient le même âge, elles avaient certainement suivi la même mode. Sauf que vous avez déjà regardé vos photos de classe ? Et combien de vos camarades avaient la même coiffure que vous ce jour-là ? Et quelle est la probabilité que ce même camarade ait toujours la même coiffure que vous des années plus tard ?
Bon, je dis pas que nos goûts capillaires sont une affaire de gène, hein, mais c'est tout de même incroyable ! J'ai toujours été fascinée par la gemellité, et à mon avis il y a plein de trucs incroyables qu'on ne sait pas encore mais qui vont nous en boucher un coin dans quelques années !

Bref, j'ai trouvé ces deux documentaires vraiment très intéressants, et propres à susciter un débat. D'ailleurs Arte en avait organisé un, que je n'ai pas pu suivre parce que Mémé-Cely s'est lamentablement endormie sur son canap'...
Et vous, vous l'avez vu ? Vous en pensez quoi ?


Plus d'infos sur "Je suis homo, et alors" (Arte) et téléchargement de l'émission
Plus d'infos sur "C'est pas mois c'est mes gènes" (Arte) et téléchargement de l'émission