pissenlitAujourd'hui est un grand jour ! J'ai démissionné !

J'en ai rêvé depuis longtemps, je me suis imaginée prononcer ces mots depuis plusieurs années ! J'avais tout prévu : ce que j'allais dire, comment j'allais le dire, la tête du chef en apprenant cette terrible nouvelle, le désespoir dans ses yeux, le sourire jusqu'au oreilles que je réfrénerais jusqu'à être sortie du bureau. Seraient ensuite venus l'annonce à mes collègues et les préparatifs de mon départ. Les derniers jours où plus rien ne m'atteindrait, puis rassembler mes affaires et peut-être organiser un pot de départ, la larme à l'oeil parce que quand même il y a eu de bons moments.

Tout ce film, je l'ai passé et repassé dans ma tête pendant des mois. A chaque annonce à laquelle je répondais. A chaque fois que j'imprimais un CV. Chaque fois je me suis dit, cette fois c'est la bonne, et le film repartait du début.
Et plus le temps passait plus je me disais que ce moment n'arriverait jamais. D'ailleurs quand j'ai reçu ce coup de fil le mois dernier, j'y croyais même plus. Je me disais que j'allais y aller pour voir mais cette fois le film n'a pas démarré.
Blasée. Complètement blasée. Et contre toute attente, cet entretien a mené à un autre. J'ai commencé à fanfaronner, parce que j'étais bien fière d'avoir passé la première sélection. Mais quand le deuxième entretien a mené à un troisième, j'ai compris que ça commençait à prendre forme et que là, le film pouvait redémarrer. Mais non. Rien. J'étais fière comme un pou, mais j'ai pas imaginé une seconde qu'à la fin c'est moi qu'on choisirait. C'est quand je suis sortie du bâtiment mercredi matin que j'ai compris que cette fois c'était vraiment dans la poche.

Tout s'est mis à bourdonner dans ma tête, comme si tous les films que j'avais imaginés se déroulaient en même temps. Plus tous les films que j'ai commencé à me faire sur mon futur boulot, mettant en lumière toutes les interrogations qui me restaient. Et au fond de tout ça, écrit en capitales rouges et néons clignotants, "Et si j'étais en train de me gourer complètement ?".
Grosse panique et tentatives d'auto-raisonnement totalement inefficaces. Je n'arrivais tout simplement pas à réaliser que j'avais enfin trouvé un nouveau boulot. Et un bon en plus !

Finalement, j'ai annoncé la nouvelle à ma direction hier, et rien ne s'est passé comme prévu. Pas de danse de Saint-Guy dans le bureau du Président, pas de sourire béat à la sortie du bureau du directeur. Juste une grosse envie de pleurer. Parce que finalement quitter tout ça me touche et que j'ai envie de tourner la page de ces quatre années dans de bonnes conditions.
J'ai rien fait de tout ce que j'avais prévu, mais Grandchef, lui, est resté fidèle à lui-même jusqu'au bout. Selon lui, six jours de présence effective au bureau suffiront à organiser ma succession. Je ne serai d'ailleurs pas remplacée... Ou comment se prendre une dernière bonne claque en comprenant l'idée qu'il se fait de mon travail.

Hier, j'ai écrit ma lettre de démission, et je suis sur un petit nuage. Je me fiche de ce qui se passera après mon départ, même si j'avoue qu'apprendre que mon absence pose certains problèmes me ferait grand plaisir :o) Je vais profiter à fond de ces derniers jours pour faire le point sur ce que j'ai appris et ce que je peux tirer de cette expérience. Je vais profiter des collègues que j'apprécie. Je vais faire un dernier tour des terrasses de Colmar, si agréables pour déjeuner. Je vais prendre mes congés et éteindre mon téléphone et je vais commencer ce nouveau boulot l'esprit serein. Je suis impatiente et complètement flippée à cette idée. J'adore !!

Nouvelle vie, chapitre un. En route !