prefDrôle de journée aujourd'hui.
Ça a commencé comme un jour normal de boulot, la tête dans le coltard en plus, pour cause de réunion tardive la veille et de nuit écourtée par l'appréhension d'aujourd'hui.

Parce qu'aujourd'hui, je devais entrer dans la cour des grands. Dans la Cour du Préfet plus précisément. Et entrer dans la Cour du Préfet, pour moi, c'est pas rien. Qu'on s'entende bien, l'enjeu était minime. Une réunion de plus avec les huiles, beaucoup de blabla et peu de gens qui se souviendront de moi. La routine, quoi. Non, le truc c'était cette Cour. Cette Cour devant laquelle, enfant, je passais si souvent. Sur la place, derrière les hautes grilles, un très joli jardin, une cour pavée, et les bâtiments majestueux. Ces bâtiments, c'est ceux que je préfère dans toute la ville.
La nuit, les façades sont mises en valeur par des spots de couleur, et on peut voir les gens travailler dans les salles de réunion. Comme la lumière y est encore allumée, on distingue de loin les moulures et dorures, les lustres gigantesques. Ils me faisait penser à la Castafiore, ces lustres.
Et puis surtout, la Cour du Préfet est surveillée par un policier. Devant les grilles, il répond aux questions des passants, il indique leur chemin aux touristes, et de temps en temps, il ouvre les grilles pour les gens importants qui ont le droit d'entrer.
Je n'étais jamais entrée dans la Cour du Préfet, pas même aux journées du patrimoine. Parce que pour moi, pour entrer dans la Cour du Préfet, il faut que le policier de l'entrée ouvre la grille (et aux journée du patrimoine, la grille, elle est ouverte).

Et aujourd'hui, j'allais enfin fouler les si jolis pavés et découvrir les salles de réunions de l'intérieur. J'espérais même un peu que la réunion allait s'éterniser et que lorsque la nuit tomberait, je serais à mon tour dans cette salle, à faire rêver une petite fille qui passerait dans la rue... (sauf que bon, vu l'heure à laquelle tombe la nuit en ce moment, j'avoue qu'avoir fini en plein jour me convient fort bien !).
Or donc, cette journée avait commencé un peu dans le coltard. J'ai quitté le bureau pour rejoindre la Cour du Préfet avec une légère boule à l'estomac, et quand je suis arrivée devant la grille et que le policier m'a laissée entrer... c'était un peu ma montée des marches à moi (le tapis rouge et les marches en moins). La salle de réunion, comble de la classe, était justement celle qui donnait sur la rue. Celle avec les lustres de Castafiore. J'étais aux anges. (Quoi ? La réunion ? Ouais, ouais, c'était bien).

A la fin de la réunion, j'ai quitté à regrets la Cour du Préfet, et je suis allée récupérer mon vélo chez le réparateur de vélo. Une fois équipée de mon précieux moyen de locomotion, et après un passage éclair au bureau, je suis allée faire de petites courses à la supérette du coin de la rue. Ou comment redescendre sur terre en moins de deux et se taper une bonne petite honte pour la route.
Hier, j'avais fait mes courses là-bas et, chargée comme un mulet, j'ai oublié mon paquet de PQ à la caisse (ou comment ficher 3€50 par les fenêtres et me mettre en rogne pour la soirée). J'ai donc profité du passage en caisse ce soir pour demander si par hasard ils ne l'avaient pas gardé. Et là, la caissière se tourne vers le magasin, et faisant face à tous les clients qui faisaient la queue, lance un tonitruant "Rachel, t'aurais pas récupéré le pack de PQ de la dame en caisse hier ? Tu sais, les gros packs en promo !" Et hop, v'la de quoi divertir la 10aine de gens qui s'ennuyaient en attendant à la caisse... J'adoooore attirer l'attention sur moi !

Pour finir cette journée bi-goût, ma réconciliation avec la selle de mon vélo me laisse un bon souvenir : ce soir, j'ai mal au c*ul.
Décidément, drôle de journée...