Diable, ça fait une éternité que je n’ai pas parlé de bouquins ici… Il y a du relâchement dans l’air, rien ne va plus ! Je vais donc remédier à ce laisser-aller scandaleux et vous parler du petit dernier que je viens de finir. Ce livre est sur ma liste depuis le mois de mars, mais entre temps on m’en a tellement prêté que je n’avais pas eu le temps de m’y intéresser…

L’Attentat - Yasmina Khadra, 2005
AttentatLe livre raconte l’histoire d’Amine Jafaari, un éminent chirurgien respecté de ses pairs et admiré de son entourage. Amine est musulman et il vit en Israël. Pour lui ça n’a jamais été un problème. Peu impliqué dans sa religion, il est bien loin des préoccupations de la guerre qui fait rage entre son pays d’adoption et celui de ses racines, se contentant de soigner les blessés lors des attentats.
Alors lorsqu’il apprend que le dernier attentat-suicide en date, dont il a opéré les victimes, a été provoqué par sa propre femme, son monde bascule. Il décide alors de comprendre comment sa femme a pu renoncer à la vie pour une cause qui ne la concernait apparemment pas, et surtout, comment lui a pu passer à côté de ce changement radical chez elle. Il entame alors un pèlerinage sur les traces de ses derniers jours et renoue avec son passé et ses origines.

J’ai trouvé ce livre très dur. Le personnage principal vivait dans un bonheur artificiel qu’il se fabriquait en ignorant consciencieusement ce qui se passait dans le monde qui l’entoure et le jour où la vitre sans teint de ses illusions vole en éclat, c’est toute sa vie qu’il faut remettre en question.
Du jour au lendemain, il est abandonné par ses collègues, ses voisins, ceux qu’il pensait être ses amis. Presque seul au monde, alors qu’il retourne dans son passé pour tenter de comprendre, il se trouve confronté à un tout autre monde, une toute autre forme de pensée, qu’il ne parvient pas à comprendre.
Cette communication impossible entre deux mondes m’a rendue triste, elle montre à quel point l’issue de cette guerre est impalpable, improbable. Ce livre renvoie aussi à la solitude de celui qui veut fuir ses racines et se retrouve inexorablement ramené vers elles.

Il n’y a aucun espoir dans ce livre. Pas un brin d’optimisme ou de ciel bleu au loin. Rien que les relents de morts que la guerre traîne dans son sillage. Dire que je l’ai aimé serait alors un bien grand mot. La lecture n’a certes pas été agréable, mais elle permet en quelque sorte une remise en perspective de nos petites vies sans soucis et sans drame…

Ce livre est en fait le second volet d’une trilogie, après Les Hirondelles de Kaboul et avant Les Sirènes de Bagdad) du même auteur, consacrée à ce thème.