inseparablesCa fait maintenant plusieurs mois que je suis de retour dans le joyeux monde des célibataires, et jusqu’ici ça me convenait plutôt bien.
Du temps pour moi, plein. Tout l’argent investi dans les voyages pour faire survivre une relation à distance à nouveau disponible pour me faire plaisir à moi et rien qu’à moi. Plus de soucis à se faire pour deux, juste mes propres problèmes à régler. Du temps pour de nouvelles activités et de nouvelles rencontres.

J’ai donc réinvesti un max dans ma vie sociale, légèrement moribonde quand on passe son temps à faire des aller-retours et qu’on y met tout son pécule. J’ai revu plein d’amis, ai découvert de nouveaux resto, me suis inscrite à des cours et retrouvé les moyens de fréquenter une salle de sport. Bref, la belle vie. Je pensais avoir plutôt bien négocié ce virage à 90°.

Jusqu’à ce que je commence à envisager des vacances. Ca doit bien faire 3 ans que je n’ai pas pris de vacances ; que je ne suis pas PARTIE en vacances plutôt. Je me suis logiquement dit que j’allais me faire ce p’ti plaisir et que j’allais m’offrir un séjour pour une destination de rêve : les Etats-Unis, le Japon, les Îles, un vrai voyage, quoi.
Et là j’ai réalisé que si je voulais ce séjour, j’allais devoir le faire seule. Que mes amis sont en couple et que les rares (les deux en fait) qui ne le sont pas, ne partagent pas ma conception des vacances. C’est là que je me suis rendue compte que ce n’est pas d’être célibataire qui est difficile, c’est que les autres ne le soient pas aussi. C’est que passé un certain âge (visiblement la fin de 20aine), tout le monde se balade par deux et que ceux qui se baladent seuls se retrouvent forcément à part.

Et c’est là que la pression sociale commence. On commence à se sentir un peu à l’écart, puis les amis en couple s’efforcent de vous inciter à rencontrer du monde (sous entendu des hommes), non pas qu’ils pensent que vous serez mieux accompagnée, mais ils se sentiraient moins coupables de vous voir à part. Et puis la famille s’en mêle (« oh mais tu as bientôt 30 ans, faut commencer à penser aux enfants, comment tu vas faire ? »), et bientôt on ne voit plus que les packs de yahourts par 12, les pizzas vendues par 5, les kilos de légumes surgelés ou les suppléments chambre individuelle des agences de voyage (ce que je trouve proprement révoltant ! Non seulement tu te tapes le voyage seule, entourée de couples, mais en plus tu raques plus cher… Faut vraiment le vouloir, pour faire un voyage organisé toute seule !).

C’est comme ça que petit à petit, j’ai commencé à me dire qu’il faudrait que je me trouve quelqu’un. Quelqu’un pour partir en vacances avec moi ou bouffer des yahourts et des tonnes d’épinards surgelés. Quelqu’un pour me tenir compagnie dans les dîners entre amis et partager le crédit de l’appart que je ne pourrai jamais me payer seule...

Après une bonne semaine à déprimer sérieusement sur le vide de ma vie, je me suis rendue compte de la futilité et de la perversité de ce raisonnement. Je ne suis pas malheureuse et la compagnie d’un homme ne me manque pas. Pourquoi alors devrais-je répondre aux signaux de cette société et me trouver quelqu’un. La seule raison d’être de ce couple serait alors simplement mon envie de partir en vacances accompagnée ou de rentrer dans un moule ?
De là à se jeter dans les bras du premier venu, il n’y a qu’un pas…
Et si j’attendais simplement de rencontrer un gars bien, plutôt que de « me trouver quelqu’un » ?