J'ai fini hier soir le livre-voyageur de Fashion Victim [s'il vous intéresse, manifestez-vous sur son blog : il est encore temps de faire partie de la ronde].
J'aime beaucoup ce principe de livre itinérant, et l'idée que d'autres l'ont lu et le liront juste après moi me ravit. Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas piquer l'idée à l'occasion... Toujours est-il que j'envoie le livre à Goëlen dès que j'ai 2mn pour passer à la poste.
Mais revenons-en au livre.

Court, Noir, Sans Sucre - Emmanuelle URIEN, 2005
court_noir_ss_sucreJ'ai donc découvert ces 13 nouvelles très brèves, très noires, à la vérité cinglante, et je les ai dévorées.
Aucun titre n'aurait pu mieux convenir à ce recueil. L'auteure nous livre des histoires et des personnages sans fioritures, sans édulcorant. C'est incisif et ça va droit au but ; chaque chute est comme une claque : nette, percutante. Tout est très noir et plutôt désespéré, mais les personnages sont pourtant tellement humains !
C'est sans doute cette honnêteté face à notre nature qui touche autant. Ici, pas de faux-semblants, pas de prétextes, mais des émotions brutes, des situations cruelles.
Le thème central est la mort ; celle du narrateur, celle d'un personnage, parfois celle d'un enfant. Mais toujours cette petite touche d'humanité qui appelle l'identification.

J'ai particulièrement aimé "La place du mort", pour l'ambiance glaciale qui s'en dégage, et "La mer à boire" qui m'a semblé familier. Quant à "Tristesse limitée", on se demanderait presque ce qu'elle vient faire là tant la chute contraste avec les autres. Ce petit recueil est donc une excellente surprise, à découvrir pour tous ceux qui aiment leur café bien corsé, sans sucre...