Il y a des gens, on sait qu'ils vont nous décevoir.
On les connaît, on l'a déjà vécu. On ne fait plus vraiment confiance et pourtant, à chaque fois, on tombe à nouveau dans le panneau des espoirs déçus. Et si cette fois c'était la bonne ? Et s'il/elle avait vraiment changé ? Après tout ce qu'on a déjà pardonné, on n'est plus à une tentative près. Et puis on s'en voudrait de ne pas y avoir cru si cette fois c'était différent.
Et inévitablement, on se rend compte que non, ce n'est pas encore pour cette fois et qu'on s'est encore fait avoir. Alors on s'en veut, on se dit qu'on est bien trop crédule. Qu'à force on devrait connaître la nature humaine et sa nature à lui/elle en particulier ! Mais au moindre signe de repentir ou même au moindre revirement de situation, on sera là. Prêt pour une nouvelle déception.
Il faudrait prendre ses distances, on le sait ; ne plus rien attendre, voir même sortir de sa vie, mais on n'y arrive pas, et ce n'est pas faute d'avoir essayé. C'est un parent, un membre de la famille ou un ami de si longue date que ce schéma est profondément ancré dans notre mode de fonctionnement. Alors on n'arrive pas à passer à autre chose. A admettre qu'il/elle ne nous apporte rien et que finalement ce genre de relation stérile nous tire plus vers le bas qu'elle ne nous fait avancer.

Et un jour, vous y êtes presque, vous le sentez. Presque sur le point de tourner la page. Et puis une broutille, une attention, un remord, un léger coup de vent sur la page, vous amènent à vous dire que cette fois peut-être vous aurez eu raison d'y croire. Même si déjà vous n'y croyez plus vraiment.
Et même l'écrire n'y changera strictement rien...