roseMon challenge Le Nom de la Rose a déjà bien avancé et je me décide enfin à vous parler du premier de ma liste, Darling.
J’avais entendu beaucoup de bien du film à sa sortie, mais je l’avais raté. Finalement ça m’arrange parce que je préfère avoir lu le bouquin avant de voir son adaptation ciné. Ca me permet de laisser libre cours à ma tite cervelle et d’imaginer les personnages et les décors comme je l’entends au lieu d’être étriquée par l’idée que s’en est faite le réalisateur.

Bref, c’est l’esprit vierge de toute image (la bande annonce, ça ne compte pas) mais plein d’a priori positifs que j’ai entamé le livre.

Darling, Jean TEULE
darlingDarling, est-il nécessaire de la rappeler au vu de l’omniprésence de la promo du film, est l’histoire vraie du personnage du même nom, et dont la vie est loin d’avoir été aussi rose que son pseudo le laisse imaginer.
Née dans une famille de paysans peu éduqués où l’amour est une denrée plus rare que la viande, elle est régulièrement battue par son père, sous l’œil peu concerné de sa mère. Durant toute son enfance, la nationale qui borde la propriété familiale sera symbole de liberté et d’évasion ; les camions qui l’empruntent autant de navettes vers un monde meilleur. Elle ne rêve alors que d’une chose : quitter la ferme pour ne pas finir « paysante » et s’enfuir avec un routier.
Malheureusement, celui sur lequel elle va jeter son dévolu (peu ou prou le premier venu, il faut bien dire) va s’avérer pire encore que son père.

Voilà un livre bien singulier. Histoire a priori banale de fuite, de maltraitance et de personnes en marge du système, qu’on a l’impression d’avoir déjà entendue 1.000 fois aux infos, dans les journaux,… puisque la violence familiale est malheureusement loin d’être une exception.
Et pourtant, le récit de Jean Teulé, qui mêle habilement des éléments de narration à des interventions directes de Darling, nous plonge dans un univers totalement inattendu. Darling ne correspond à aucune image préconçue, son histoire non plus. Petit à petit on s’attache à cette femme, on la comprend un peu, même si on ne le peut pas complètement tant son histoire diffère de la nôtre.

Le ton de l’auteur n’est ni vraiment compatissant, ni accusateur, mais porte un regard complice sur l’histoire de Darling. Ses interventions dans le livre permettent à la fois de prendre du recul et de ne pas sombrer dans le mélo larmoyant (alors qu’il y aurait largement de quoi) mais surtout, elles nous rappellent qu’aussi horrible soit cette histoire, elle est bien réelle.
Et finalement on en vient à se demander ce que serait devenue une Darling née dans une autre famille, dans un autre milieu. Et l’on se rend compte que pour beaucoup, l’égalité des chances n’est encore qu’un mot comme un autre…

Voilà donc un livre très fort, que je ne saurais que vous conseiller. Pour ma part, je suis maintenant prête à regarder le film à sa sortie en DVD.