Le p'ti monde de Cely

Un peu de ciné, beaucoup de lectures (ou l'inverse) et plein de petites histoires de la vie. Bienvenue dans mon p'ti monde !

09 janvier 2008

Je suis une Légende

Après les bouquins, un petit retour aux sources : le ciné.
J'y avais plus été depuis un bail, autant par flemme que par manque de temps. J'ai donc raté moult films intéressants et je le regrette amèrement. Bien résolue à remonter la pente de ma fréquentation de salles obscures, j'ai décidé de ne pas rater :

Je suis une Légende , Francis LAWRENCE - 2007
Je_suis_une_l_gende[Je me permets de dévoiler plus bas des éléments du film, parce qu'à mon sens il n'y a pas de suspense sur ces points et que ce ne sont pas eux qui font l'intérêt du film, j'espère que ceux qui ne l'ont ni vu ni lu ne m'en voudront pas et que ceux qui veulent conserver une ignorance totale de l'intrigue ne liront pas plus loin].

Pour commencer, heureusement que j'y suis allée toute seule. J'aurais définitivement confirmé une réputation de chouineuse, ce qui aurait été euh... pure calomnie. Si-si c'est vrai, *croise les doigts ds son dos* j'ai un coeur de pierre et je ne pleure jamais, encore moins au ciné.... Oui bon Ok j'avoue, je suis une vraie Madeleine, une éponge, les chutes du niagara. Même dans un film d'action pur et dur, je suis capable de dégoter un truc qui va me toucher et libérer les grandes eaux...

Là j'y peux rien, il a fallu qu'ils filent un chien au héros et qu'évidemment (comme on s'en doute dès la seconde où on voit le chien...) il meure dans des circonstances totalement dramatiques (bouhouhou). Dans le bouquin, que j'avais lu il y a un paquet d'année, il ne me semble pas me souvenir de ce chien, je soupçonne donc un complot de la part des scénaristes hollywoodiens pour faire pleurer dans les chaumières (dans la mienne en tout les cas).

Cette tragédie mise à part, le film est plutôt réussi. Will Smith est décidément un acteur épatant, qui n'hésite pas à donner de sa personne pour l'art, notamment avec une scène ou monsieur fait des tractions dans son salon pendant que son t-shirt doit certainement être dans la machine à laver (on est pas le dernier homme sur terre pour rien : on est prévoyant et on a un groupe électrogène).
Mais je m'égare.
Je disais donc que WS est un acteur épatant, qui se fond dans ses rôles de façon vraiment convaincante. Chacun de ses films révèle un personnage différent mais entier et interprété à merveille. Oui vraiment c'est un bon.
Les effets spéciaux quant à eux, permettent un décor de NY rendu à la vie sauvage très réaliste, à la fois poétique et angoissant. Les premières images du film sont saisissantes : on en oublie presque ce qu'on est venu voir pour regarder dans tous les recoins de l'écran les moindres détails.
Les méchants monstres (qui ne sont plus des vampires), ont une très grande bouche (je cherche encore la signification et le symbolisme caché de cette bouche), et des habits déchirés (mais des habits tout de même, un monstre, passe encore, mais un monstre à poil, faut pas déconner !!) et sont assez "jolis", ce qui rend assez bien finalement l'idée du livre qui était, du moins pour moi à l'époque, que la monstruosité n'existe pas en soi mais uniquement par rapport à une norme.

J'avais lu une critique qui disait qu'il y avait ds le film un côté chrétien dérangeant car il n'existait pas dans le livre, et j'appréhendais un peu une sorte de récupération façon bondieuseries bien lourdes. C'est bien le cas sur la fin, mais c'est pas aussi appuyé que je le redoutais. Une allusion à la foi un peu tartignole ("il y a un camp de survivants (paradis) je le sais." "Non, tout le monde est mort, et puis d'abord, comment le sais-tu ?" "je le sais, c'est tout (moi j'ai la foi !)" "c'est dieu qui m'a amenée jusqu'à toi, il a un plan" Evidemment à la fin il s'avère que la sauveuse chrétienne avait raison (il faut tjs faire confiance à Dieu !!), et tout est bien qui finit presque bien.

Bref, je trouve ce film vraiment bon. L'adaptation au livre n'est pas fidèle, mais juste, et permet d'actualiser le thème, de répondre à qq petites interrogations (l'origine du virus est bluffante) ou de corriger qq incohérences, notamment sur les compétences du héros.

Evidemment, je me réveille un peu tard (puisqu'il n'est déjà plus à l'affiche dans mon ciné préféré) mais si vous avez l'occasion, je recommande ce film. Sur grand écran, ça va de soi...

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Photos Warner Bros

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03 juillet 2007

Troisième du nom

Ce week-end, entre deux virées shopping, et surtout au milieu des trombes d'eau qui s'abattent actuellement sur la région, je suis allée me mettre au sec dans un ciné. J'avais assez envie de voir Ocean's 13, mais je me suis finalement laissée tenter par le célèbre ogre vert. Je me suis dit qu'une bonne tranche de rigolade ne ferait pas de mal à mon moral et le vert étant la couleur de l'espérance, il me fallait au moins ça !

Shrek le troisième, Chris MILLER - 2007
Shrek3Malgré ma réticence au niveau du titre - oui, parfois, je peux hésiter à aller voir un film rien que sur son titre... je voue une haine farouche aux titre nuls et-ou mal traduits. En l'occurrence, Shrek le troisième est une traduction littérale du titre original et c'est bien ça qui m'a agacé. Parce que si Shrek The Third peut faire office de mini jeu de mot légèrement pourrave, en français ça n'a aucun sens. Mais bon c'est sûr que Shrek 3 ça rendait pas mieux, donc je suis prête à pardonner... -bref, malgré le titre, me voilà dans la salle. Par miracle, aucun mioche piaillant, aucun ado hurlant, en fait une salle pas bien remplie, le pied !

Nous avions donc laissé Shrek en position de Prince, futur prétendant au trône de Fort Fort Lointain. On le retrouve au chevet du roi-Grenouille mourant, sur le point de devenir roi à son tour. Sauf que chassez le naturel, il revient au galop, et Shrek n'a aucune envie de passer sa vie, guindé sur un trône, dans de beaux habits d'apparats. Le voilà donc parti à la recherche d'un roi de remplacement, qui n'est autre que le jeune Arthur.
Sauf que pendant que notre héros s'évertue à convaincre un ado-looser en pleine crise d'adolescence qu'il a l'étoffe d'un souverain, le  Prince Charmant échafaude un complot pour s'emparer du trône. Ajoutez à ça que Fiona attend un heureux événement, ce qui fait légèrement flipper le futur papa, et vous aurez tous les ingrédients de cette meugnonne petite comédie, idéale pour un samedi après-midi.

J'avais lu quelques mauvaises critiques sur ce troisième volet, mais finalement je l'ai trouvé plutôt chouette et même meilleur que le précédent. Les effet d'images sont impressionnants, notamment un plan sur le brushing du prince, bluffant de réalisme. Les personnages secondaires sont vraiment rigolos, en particulier Merlin, un mage-enseignant à la retraite, qui a complètement perdu la boule. L'un de ses sortilèges va d'ailleurs entraîner l'échange corporel du chat et de l'âne, ce qui donne évidemment lieu à des scènes cocasses, bien que pas assez exploitées à mon goût.
L'ensemble donne un film plutôt enlevé et drôle, qui m'a séduite bien plus que le précédent.

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25 juin 2007

Fête du cinéma invisible

ftecin_C'est dingue, je viens d'apprendre là tout de suite à l'instant que la Fête du cinéma a commencé hier...
C'est bien la première fois de ma courte vie que je n'en profite pas. J'ai arrêté il y a quelques années de me faire un programme de dingue spécial boulimique de cinoche, mais de là à zapper complètement...
Le pire, c'est que justement hier, j'ai été au ciné (je suis allée voir Boulevard de la Mort, dont je parlerai une autre fois), et pas un chat devant le ciné, à peine une 20aine de gens dans la salle, et surtout, la dame de la caisse ne m'a même pas proposé de prendre le passeport, auquel cas je l'aurai pris et je me serai fait une petite cure, tant que j'y étais... J'en reviens pas, j'y comprends rien !
Est-ce que personne n'en a parlé cette année ?! Parce que, que moi je ne sois pas au courant, passe encore, mais que le ciné soit désert c'est à n'y rien comprendre !! OK il faisait beau, mais c'est pas la première fois qu'il fait beau fin juin. En plus ya pas de coupe du monde de foot et il y a quelques films sympas à l'affiche... Ou bien tout le monde avait fui vers le multiplexe en dehors de la ville ? Ce serait étonnant aussi vu que mon p'ti ciné indé il a quand même gardé sa clientèle depuis que le multiplexe a ouvert, quelque chose comme en 2000 ou 2001...
Non décidément, ya un truc bizarre qui se passe là, les enfants !

Et vous, vous étiez au courant ? Vous avez fait votre cure ?

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16 juin 2007

Un flop dans une mer d'azur

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Ahhhh... Presque un an que je l'attendais, ce troisième et dernier volet des aventures de mes pirates préférés ! C'est dire mon impatience en entrant dans la salle !! Mais je dois malheureusement vous avouer que j'ai été quelque peu déçue...

Pirates des Caraïbes, Jusqu'au Bout du Monde - Gore VERBINSKI, 2007
pirates_des_caraibes3Alors un petit rappel s'impose (rappel qui n'est malheureusement pas prévu au début du film. Bien, on est donc supposés avoir acheté le DVD et revu le 2e volet la veille, sous peine de se perdre un peu dans la complexité des alliances, contra-alliances et autres magouilles. Dommage, on y avait pas pensé...) : on avait laissé ce brave Jack croqué par le Kaken, le vilain Barbossa avait été rappelé d'entre les morts pour le sauver (ou plutôt récupérer son bateau), Will était farouchement déterminé à sauver son père des tentacules de Davy Jones, le méchant du 2e volet, et on venait de découvrir un nouveau personnage mystérieux... tout un programme.

Sauf que, sauf que... ça fait un peu plouf. Finalement le film se passe sans trop de coup d'éclat, sans belle baston, sans charge héroïque, sans cette petite flamme qui m'avait séduite dans les deux premiers volets. Alors bien sûr, ça reste un excellent film. C'est toujours superbement fait, Davey Jones est impressionant à l'image, les couleurs et les enchaînements sont top, bref, on retrouve le talent de l'équipe des précédents épisodes. Et puis il y a Jack (ahhhh Johnny...), et puis Will, et puis Barbossa (croustillant Barbossa !) - et puis Elisabeth-Keira, aussi agaçante qu'à son habitude... mais bon sang pourquoi ellle ?? -.

Mais voilà, malgé tout, il manque un petit quelque chose pour emmener le spectateur dans les tribulations de toute cette fine équipe. Alors est-ce que c'est l'absence de résumé du début qui fait qu'on a du mal à se souvenir des enjeux et à rentrer dans le film ? Est-ce que c'est la lassitude (non-non-non, on ne se lasse pas de Jack !!) ? Toujours est-il que les dialogues mordants ne m'ont pas paru aussi mordants, les batailes pas aussi prenantes, l'histoire d'amour trop cu-cul, le nouveau méchant pas assez exploité, les nouveaux personnages trop peu développés...

Même la bataille navale finale n'en finit pas de durer, quant à l'intervention de la Déesse Calypso, c'est un bide monumental. Il y aurait pourtant eu matière à en tirer parti pour un bouquet final grandiose, mais non. Au point que je me demande s'ils ne l'ont pas tournée différemment, cette bataille finale et que pour une obscure raison ils l'ont coupée au montage, parce que la pelicule a cramé ou je ne sais quoi (parce que sinon le sénariste a un sérieux problème avec l'appréciation des priorités...).

Bref, de grandes espérances quelque peu déçues, mais la trologie reste néanmoins dans son ensemble d'un excellent niveau, et on passe devant de troisième vloet un très bon moment, ce qui m'a donné envie de me refaire une soirée DVD avec le 1er...

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16 mars 2007

Das Leben der Anderen

Ca y est, ce week-end je suis enfin allée voir ce film dont on me vante les mérites depuis des lustres, et que je n'avais pas eu l'occasion de voir ! Et je ne suis pas déçue !

La Vie des Autres - Florian Henckel von Donnersmarck, 2007
vie_des_autresC'est un film allemand, dont l'histoire se  passe en RDA (l'Allemagne de l'Est, pour ceux qui ont la mémoire courte :o)), quelques années avant la chute du mur de Berlin. A cette époque, critiquer le régime était formellement interdit, et la sécurité intérieure, la Stasi (Staat Sicherheit) n'y allait pas de main morte pour repérer et condamner ses détracteurs. Ecoutes téléphoniques, surveillances rapprochées étaient courantes, en particulier dans le milieu des artistes.
C'est d'ailleurs à un artiste reconnu et renommé pour son patriotisme (comprendre sa dévotion au régime) que la Stasi va s'intéresser. Trop dévoué pour être honête, il a en plus le tort d'être l'amant de l'actrice dont le Ministre de l'intérieur est tombé amoureux. Commence alors une surveillance minutieuse de ses faits et gestes par un officier de renom. Mais à force de surveiller les autres, ne risque-t-on pas de finir par vivre sa vie par procuration, de s'attacher à ces autres que l'on épie ?

C'est là un film très intéressant, qui allie savamment l'aspect historique à l'aspect humain. On apprend en effet un certain nombre de choses sur la RDA. Du moins pour ceux qui comme moi étaient un peu jeunes avant la chute du mur pour saisir vraiment la portée de ce qui se pasait de l'autre côté. Mais on entre aussi dans la tête de cet officier, qui petit à petit s'immice dans la vie de ceux qu'il observe. D'abord par jeu, puis pas intérêt, finalement par (com)passion. et ça soulève d'ailleurs un certain nombre de questions. Qu'aurions-nous fait à la place de tel ou tel personnage ? On se rend compte aussi que finalement derrière ces mètre cubes de rapports rendus publics pendant la Glasnost, c'étaient bel et bien des êtres humains qui oeuvraient.

Un excellent film, que je vous conseille fortement de voir, si ce n'est pas encore fait. Et dépêchez-vous, car bien que le bouche à oreille le maintienne à l'affiche depuis fin janvier déjà, il se pourrait qu'il n'y reste plus très longtemps.

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28 février 2007

Discours & Récompenses

cesarCa fait déjà quelques jours que je voulais vous parler de la cérémonie des Césars de cette année, mais que je n'en avais pas eu le temps. C'est donc avec un peu de retard que je m'y mets, mais je tenais à aborder ce sujet.

J'essaie aussi souvent que possible de ne pas rater la cérémonie. Les Césars c'est, comme les Oscars (que je désespère de ne plus pouvoir regarder depuis que mon magnétoscope est mort !) ou Cannes, un moment que j'apprécie particulièrement. L'occasion de voir "en civil" tous ces gens que l'on ne voit habituellement que dans un film, voire pas ou peu pour ceux qui sont derrière les caméras. L'occasion de profiter d'une soirée de luxe, de strass et de paillettes pour rêver un peu. L'occasion surtout de comparer ses gouts à ceux des "professionnels de la profession".

J'ai beaucoup apprécié Valérie Lemercier en maîtresse de cérémonie. Pétillante, drôle, discrète quand il fallait, géniale dans les mises en scènes, notamment la danse de Rabbi Jacob pendant l'hommage à Gérard Oury.

Concernant le palmarès (que vous pouvez consulter ici), je crains n'avoir vu que trop peu de films cette année pour avoir vraiment un avis rationnel sur la question. Je crois cependant que j'aurais préféré voir Indigènes récompensé pour le meilleur film, même si le thème, politique, du film et la période de sa sortie en font un film à enjeux un peu difficilement récompensable. Je suis néanmoins contente que Lady Chatterley ait eu autant de prix. Bien que n'ayant pas vu le film, j'en ai un a priori positif, et j'ai bien envie de le voir en DVD à sa sortie.
Le césar de meilleur réalisateur pour Guillaume Canet est amplement mérité. Son Ne le Dis à Personne est une vraie performance, et une vraie réussite. Je suis bien contente pour lui ! En revanche, je n'aurais jamais choisi François Cluzet pour le meilleur acteur. Je l'ai trouvé terrible dans ce film ! Cela dit, comme je l'admire beaucoup et qu'habituellement il dépote, c'est tout de même un César mérité. Je ne vais pas commenter tout le reste, sinon on est pas couchés. Je trouve en tout cas que ce palmarès est plutôt cohérent et juste. Pas tellement loin de ce que j'aurais pu choisir. [Ah oui, meilleur Film étranger pour Little Miss Sunshine, que, je vous rappelle, il faut im-pé-ra-ti-vement que vous voyiez !]

Pour finir, je m'attarde sur le discours de Pascale Ferrand, la réalisatrice de Lady Chatterley, à propos des intermittants et des subventions du cinéma français. J'ai été très touchée par ce discours, que j'ai trouvé très juste et très pertinent. Car au-delà des questions financières sur les allocations des intermittents, c'est tout le statut d'une profession qui s'effrite, et qui risque d'atteindre la qualité des oeuvres qu'ils nous présentent.
Malheureusement, ce nivellement vers le bas dont elle parle est déjà entammé. On le remarque avec la qualité et la diversité des films qui sortent en salles, et surtout aux nombres d'entrées qu'ils font. Les petits films restent dans les petites salles, avec un petit public. Pourtant, nombre de ces petits films ont largement l'envergure de devenir grands, pour peu que le public s'ouvre un peu et accepte de prendre des risques. Mais à l'heure où Taxi 4 s'étale entre télé et affiches géantes, qui nous parle de La Vie des Autres ou du Dernier Roi d'Ecosse par exemple ? Pascale Ferrand a raison, le public français était l'un des plus curieux et ouverts cinéphiles du monde. Qu'en est-il aujourd'hui ?

Ci-dessous l'intégralité du discours, pour que vous puissiez juger par vous-même.
Et pour le voir en vidéo, c'est ici.

Nous sommes nombreux dans cette salle à être comédien, technicien ou réalisateur de cinéma. C’est l’alliance de nos forces, de nos talents et de nos singularités qui fabrique chaque film que produit le cinéma français.

Par ailleurs, nous avons un statut commun: nous sommes intermittents du spectacle. Certains d’entre nous sont indemnisés, d’autres non; soit parce qu’ils n’ont pas travaillé suffisamment d’heures, soit, à l’inverse, parce que leurs salaires sont trop élevés pour être indemnisés dans les périodes non-travaillées. C’est un statut unique au monde. Pendant longtemps, il était remarquable parce qu’il réussissait, tout en prenant en compte la spécificité de nos métiers, à atténuer un peu, un tout petit peu, la très grande disparité de revenus dans les milieux artistiques. C’était alors un système mutualisé. Ils produisaient une forme très concrète de solidarité entre les différents acteurs de la chaîne de fabrication d’un film, et aussi entre les générations.

Depuis des années, le MEDEF s’acharne à mettre à mal ce statut, en s’attaquant par tous les moyens possibles à la philosophie qui a présidé à sa fondation. Aujourd’hui, il y est presque arrivé. De réformes en nouveau protocole, il est arrivé à transformer un système mutualisé en système capitalisé. Et cela change tout. Cela veut dire, par exemple, que le montant des indemnités n’est plus calculé sur la base de la fonction de son bénéficiaire mais exclusivement sur le montant de son salaire. Et plus ce salaire est haut, plus haut sera le montant de ses indemnités. Et on en arrive à une absurdité complète du système où, sous couvert de résorber un déficit, on exclut les plus pauvres pour mieux indemniser les plus riches.

Or, au même moment exactement, à un autre bout de la chaîne de fabrication des films, d’autres causes produisent les mêmes effets. Je veux parler du système de financement des films qui aboutit d’un côté à des films de plus en plus riches et de l’autre à des films extrêmement pauvres.

Cette fracture est récente dans l’histoire du cinéma français.

Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, ce qu’on appelait les films du milieu - justement parce qu’ils n’étaient ni très riches ni très pauvres - étaient même une sorte de marque de fabrique de ce que le cinéma français produisait de meilleur. Leurs auteurs - de Renoir à François Truffaut, de Jacques Becker à Alain Resnais - avaient la plus haute opinion des spectateurs à qui ils s’adressaient et la plus grande ambition pour l’art cinématographique. Ils avaient aussi, bon an mal an, les moyens financiers de leurs ambitions. Or, ce sont ces films-là que le système de financement actuel, et en premier lieu les chaînes de télévision, s’emploient très méthodiquement à faire disparaître.

En assimilant les films à vocation artistique aux films pauvres et les films de divertissement aux films riches, en cloisonnant les deux catégories, en rendant quasi impossible pour un cinéaste d’aujourd’hui le passage d’une catégorie à une autre, le système actuel trahit l’héritage des plus grands cinéastes français. Et leur volonté acharnée de ne jamais dissocier création cinématographique, point de vue personnel et adresse au plus grand nombre. Ce faisant, il défait, maille après maille, le goût des spectateurs; alors même que, pendant des décennies, le public français était considéré comme le plus curieux, le plus exigeant, le plus cinéphile du monde. Ici comme ailleurs, la violence économique commence par tirer vers le bas le goût du public puis cherche à nous opposer. Elle n’est pas loin d’y arriver. Les deux systèmes de solidarité - entre les films eux-mêmes et entre ceux qui les font -, ces deux systèmes qui faisaient tenir ensemble le cinéma français sont au bord de la rupture.

Alors peut-être est-il temps de nous réveiller. Peut-être est-il temps de nous dire que notre amour individuel pour le cinéma, aussi puissant soit-il, n’y suffira pas. Peut-être est-il temps de se battre, très méthodiquement nous aussi, pour refonder des systèmes de solidarité mis à mal et restaurer les conditions de production et de distribution de films qui, tout en donnant à voir la complexité du monde, allient ambition artistique et plaisir du spectacle. Nous n’y arriverons pas, bien sûr, sans une forme de volonté politique d’où qu’elle vienne. Or, sur de tels sujets, force nous est de constater que celle-ci est désespérément muette.

Mais rassurons-nous. Il reste 55 jours aux candidats à l’élection présidentielle pour oser prononcer le mot «culture».

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23 février 2007

Un p'ti conseil

Juste un petit mot pour vous dire que si vous n'avez pas encore vu Little Miss Sunshine et qu'il passe encore près de chez vous, dépéchez vous d'aller au ciné ! Sinon, jetez-vous sur le DVD.
Ya pas moyen que vous ratiez ce film, c'est une pure merveille ! Je l'ai vu hier soir et j'ai passé une soirée du tonnerre, d'une parce que le film était génial et de deux parce qu'en sortant de la salle avec une banane d'enfer, on ne peut passer qu'une bonne fin de soirée ensuite !

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Little Miss Sunshine - Jonatha DAYTON, 2006

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22 février 2007

Millions

Après quelques fiascos retentissants parmi les derniers DVD que j'ai choisis (Retour à Cold Mountain et Le Dernier Samouraï), j'avais quelques appréhensions à regarder le dernier de ma fournée... Mais en fait il semblerait que la malédiction soit passée, car j'ai vraiment beaucoup aimé Millions.

Millions - Danny BOYLE, 2005
millionsC'est l'histoire de deux frères d'une dixaine d'années. Orphelins de mère depuis peu, ils réagissent de façon très différente à cette perte. L'ainé est très terre à terre et le cadet s'intérresse d'une manière quasi-obsessionnelle aux saints. Quelques jours avant le passage à l'Euro, ils trouvent un sac rempli de Livres Sterlings. Mais comment dépenser cet argent ? L'aîné imagine investir dans l'immobilier. Pense tout de suite aux impôts et s'offre les services de gardes du corps en payant ses camarades. Le cadet veut tout donner aux pauvres, ce qui est loin d'être aussi facile qu'on l'imagine. Tout va encore se compliquer avec l'arrivée du bandit "propriétaire" de cet argent...

C'est un très joli film, une histoire toute mignonne sur la valeur de l'argent, de la vie et l'importance de la famille. Notre point de vue se place à la hauteur de celui des enfants et tout prend ainsi un air de pureté et de poésie. Les images sont très colorées etlégèrement distendues pour donner cet aspect irréel des choses que l'on a quand on est enfant.
J'ai vraiment beaucoup aimé ce film, qui avait pourtant reçu quelques mauvaises critiques à sa sortie. Je l'ai trouvé léger et touchant. Danny Boyle parvient très bien à montrer ce difficile équilibre entre foi et réalité.

A voir si ce n'est déjà fait.

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19 février 2007

De la glande et du navet

Hier, dimanche, j'avais plus ou moins décidé de ne pas mettre le quart d'un orteil hors de chez moi. Envie de glandouille, de grosse flemme, de ma grosse couette et de mon canapé. J'ai donc magistralement commencé ma journée par une grasse mat digne de ce nom, de celles qui posent la question "petit dej ou déjeuner ?", question résolue par un diététiquement terrible mix des deux, un bon gros brunch.
Et ensuite, après 2-3 bêtises à la télé, je me suis décidée à mettre un DVD. Au choix "Le Dernier Samouraï" - Tom Cruise - ou "Retour à Cold Mountain" - Jude Law -... J'ai opté pour Jude, l'envie de regarder des mecs des vrais s'affronter en tenue de Samouraï me tentait moyen. Va donc pour Cold Mountain et un peu de romantisme.
Mais bon sang qu'est-ce qui m'a pris ? Comment j'ai pu me faire avoir à ce point là ? Comment tout ce casting shiny à souhait a-t-il pu se laisser embarquer dans cette espèce de guimauve dégoulinante et collante ?! Car oui, Cold Mountain est un film pompeux d'un ennui mortel, et où j'ai même réussi à ne pas verser une demie larme (et pourtant, je suis bon public en général !), même pas de rage ! Pourtant ça avait l'air prometteur...
[Et là attention, je vais vous raconter tout le film, que vous vous rendiez compte du désastre par vous-même, alors si vous avez (malheureux !) l'intention de le voir, autant vous ménager un minimum de suspense en ne lisant pas la suite...].

Retour à Cold Mountain - Anthony MINGHELLA, 2004
cold_mountainAu moment de la guerre de Sécession, Jude rencontre Nicole (Kidman). Jude et Nicole se font  gentiment de l'oeil mais sont trop timides pour sauter le pas, jusqu'à ce que Jude parte à la guerre et se décide à embrasser Nicole genre 3 secondes avant de la quitter... Pendant que Jude vit l'enfer dans les tranchées et réchappe miraculeusement plusieurs fois à la mort, Nicole a le coeur plein de chagrin. Ce qui ne va pas en s'améliorant lorsque son père meurt, la laissant seule avec une ferme dont elle ne sait s'occuper.
Nicole se retrouve donc dans la mouise totale et doit mendier son pain, pendant que Jude décide de profiter d'une blessure pour déserter et la rejoindre. Manque de bol, la Milice rode et capture tous les déserteurs qui croisent son chemin, lesquels seront pendus pour l'exemple. Jude doit donc la jouer serré. En chemin il rencontre plein de gens. Parfois ils sont gentils. Parfois non. Il y a un pasteur fornicateur plutôt sympa, une famille de dégénérés délateurs, une vieille sorcière guérisseuse, et Nathalie (Portman), la mère éplorée d'un bébé malade...
De son côté, Nicole reçoit l'aide de Renee (Zellweger), une brave fille de la ferme qui a appris à se démerder toute seule parce que son père, actuellement à la guerre aussi, n'était qu'un bon à rien. D'ailleurs vlatipa que ce bon à rien se pointe, pour expliquer à sa fille que depuis qu'il a découvert la musique, il a changé. S'en suit une joyeuse fête au son des violons. Sauf que bien entendu, le papounet est un déserteur, et que la milice rode, au cas où vous l'auriez oublié. Évidemment, la milice va choper les musiciens, le père va miraculeusement en réchapper, et ce pile poil au moment où Jude réussit à retrouver Nicole.
Après une brève mais intense nuit d'amour, Jude va se faire descendre par un milicien, laissant Nicole enceinte, mais bien entourée de Renee et de son papounet. Le clou c'est la scène finale, où Nicole et sa fille (rousse, bien entendu, puisque son papa était irlandais...) partagent leur table avec Renee, son mari, leur rejeton et papounet qui se porte comme un charme. Le tout dans les champs de blé, comme c'est poétique !

Voilà, alors je sais pas si j'étais juste pas d'humeur ou si le film est une totale bouse. Je pencherais plutôt pour l'option 2, vu qu'en général, je suis assez réceptive aux guimauves sentimentales. [Ah, "Love Actually", quel bonheur...]. Mais là trop c'est trop. Cliché sur cliché, au bout d'un moment (non, au bout de 5 mn en fait) ça dépasse les limites de l'entendement. Heureusement que j'avais décidé de ne pas sortir de chez moi et qu'au bout du 1er quart d'heure je m'étais fait un devoir de le regarder en entier pour vous en parler aujourd'hui !

A vous maintenant, et je sens que je me suis fait quelques ennemi(e)s aujourd'hui :o)... Vous en avez pensé quoi ?

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11 janvier 2007

My Name is Bond, James bond...

Grande fan de James Bond, c'est avec beaucoup d'intérêt et un peu d'appréhension que j'attendais la sortie du nouveau James Bond avec le très blond Daniel Craig. Finalement j'ai attendu d'avoir quelques échos, positifs et négatifs, avant d'aller le voir. D'apès ce que j'avais entendu, c'était soit le meilleur James bond de la série,  soit un bon film d'action, qui n'a plus rien à voir avec un 007.
Pour me faire une idée et avoir un avis intéressant à la sortie du film, j'avais prévu ma scéance de ciné en compagnie d'un plus que fan inconditionnel. Ce genre de personne qui ridiculise vos neurones en étant capable de vous sortir le nom du bateau à la minute 45 de tel film. "Mais si, c'est écrit dessus et il reste à l'écran au moins 7 secondes, tu n'as pas pu le rater !". Faut dire qu'après une bonne 20aine de visonnage de chaque épisode, il y a de quoi connaître les détails par coeur. Bref, j'ai vu ce nouveau James Bond en l'agréable compagnie d'un conaisseur.

Casino Royale, Martin CAMPBELL - 2006
casino_royaleCe nouvel épisode de 007 n'est en fait pas si nouveau, puisqu'il s'agit de la toute première apparition de notre héros. Le livre du même nom est effectivement le premier de la (longue) série. C'est donc un James particulier que nous rencontrons, ce qui finalement correspond bien à la période de transition entre deux acteurs.

Commençons donc par le choix de l'acteur. Moi, comme tout le monde, j'avais adooré Sean Connery, qui reste pour moi le seul et unique James. Les autres ont bien essayé de faire pareil mais sans jamais réussir. Je n'ai jamais accroché avec Roger Moore, que je trouve trop "propret" pour ce rôle. Il faut dire que j'ai lu dans le temps jadis un des romans, et que le James des livres est bien plus corrosif que celui du cinéma... Pierce Brosnan a réussi à être convaincant, dans un registre plus moderne, et voilà que nous arrive un blondinet pas vraiment connu, et qui avait l'air un peu fade.
Mais en fin de compte, Daniel Craig est bien loin de l'image que je m'en étais faite. En James, il est top. En James débutant, il est topissime. Sombre à souhait, craquant en même temps, et en plus il en joue, le bougre. Car il y a dans ce film des arguments imparables pour attirer les spectatrices aussi.
Nous aurons donc droit à Daniel en maillot de bain, Daniel tout mouillé (Daniel aime bien l'eau on dirait !), Daniel torse nu, Daniel en costard, Daniel qui sort de l'océan, sous forme de petit clin d'oeil au premier James bond du cinéma, Dr No. Bref, de quoi se rincer l'oeil, et plutôt deux fois qu'une !

L'histoire à présent. Comme toujours, c'est assez basique. Des méchants (Le Chiffre fait son apparition), des filles (Eva Green, piquante) et James. Cette fois, c'est en remportant un tournois de poker que James pourra sauver le monde. Sauf que pour cette première mission, il sera chaperonné par une jolie comptable, de laquelle, misère, il va tomber amoureux. Premier pavé dans la marre. Car oui, dans Casino Royale, il y a des sentiments. Les personnages sont denses et on apprend beaucoup sur eux. Bien entendu, pas d'amour sans trahison, pas de premier boulot sans gaffe... James va en baver.

Vous l'aurez compris, j'ai adoré ce film. Pour moi, c'est l'un des meilleurs Bonds de l'histoire du cinéma, et Daniel rempile pour autant d'épisodes qu'il veut ! Par contre, le Bondophile installé à côté de moi a nettement moins aimé. Pire, pour lui c'est le moins bon épisode de la série, voire même pas un Bond du tout. Ses arguments se tiennent. Les miens aussi.

Selon lui, ce James n'a pas la classe (c'est un mec, comprenez la classe vestimentaire, rien à voir avec le torse de Daniel...), ne prononce pas une fois la phrase mythique "My name is...", sauf à la toute dernière minute et boit n'importe quoi. ("qu'est-ce que je vous sers ? -Donnez moi n'importe quoi !"). Comble du comble, il se bat à mains nues tout au long du film, n'a recours à aucun gadget et pas la moindre trace de notre Q adoré... Mais tout ceci était prévisible dès le générique : pas une seule jolie pépée à l'horizon !

Alors effectivement, tout ça est vrai, et j'aurais eu tenance à penser, avant de voir le film, qu'il fallait un minimum respecter ses classiques. Sauf que non. N'oublions pas que Casino Royale est le tout premier James Bond. D'ailleurs en guise de prégénérique, on voit la manière dont il a obtenu son double 0. Alors forcément, il n'a pas encore construit son personnage. Et tout au long du film, ce ne sont qu'une série de petites explications du pourquoi du comment James est devenu ce qu'il est. Pourquoi smoking, pourquoi Martini-Vodka, pourquoi "my name is...". Un Bond à part, certes, mais extrèmement cohérent et bien fait. Une petite merveille, que je reverrais avec plaisir s'il passait encore dans les salles !

Posté par Celynet à 17:27 - Le film du jour - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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