20 février 2008
Darling
Mon challenge Le Nom de la Rose a déjà bien avancé et je me décide enfin à vous parler du premier de ma liste, Darling.
J’avais entendu beaucoup de bien du film à sa sortie, mais je l’avais raté. Finalement ça m’arrange parce que je préfère avoir lu le bouquin avant de voir son adaptation ciné. Ca me permet de laisser libre cours à ma tite cervelle et d’imaginer les personnages et les décors comme je l’entends au lieu d’être étriquée par l’idée que s’en est faite le réalisateur.
Bref, c’est l’esprit vierge de toute image (la bande annonce, ça ne compte pas) mais plein d’a priori positifs que j’ai entamé le livre.
Darling, Jean TEULE
Darling, est-il nécessaire de la rappeler au vu de l’omniprésence de la promo du film, est l’histoire vraie du personnage du même nom, et dont la vie est loin d’avoir été aussi rose que son pseudo le laisse imaginer.
Née dans une famille de paysans peu éduqués où l’amour est une denrée plus rare que la viande, elle est régulièrement battue par son père, sous l’œil peu concerné de sa mère. Durant toute son enfance, la nationale qui borde la propriété familiale sera symbole de liberté et d’évasion ; les camions qui l’empruntent autant de navettes vers un monde meilleur. Elle ne rêve alors que d’une chose : quitter la ferme pour ne pas finir « paysante » et s’enfuir avec un routier.
Malheureusement, celui sur lequel elle va jeter son dévolu (peu ou prou le premier venu, il faut bien dire) va s’avérer pire encore que son père.
Voilà un livre bien singulier. Histoire a priori banale de fuite, de maltraitance et de personnes en marge du système, qu’on a l’impression d’avoir déjà entendue 1.000 fois aux infos, dans les journaux,… puisque la violence familiale est malheureusement loin d’être une exception.
Et pourtant, le récit de Jean Teulé, qui mêle habilement des éléments de narration à des interventions directes de Darling, nous plonge dans un univers totalement inattendu. Darling ne correspond à aucune image préconçue, son histoire non plus. Petit à petit on s’attache à cette femme, on la comprend un peu, même si on ne le peut pas complètement tant son histoire diffère de la nôtre.
Le ton de l’auteur n’est ni vraiment compatissant, ni accusateur, mais porte un regard complice sur l’histoire de Darling. Ses interventions dans le livre permettent à la fois de prendre du recul et de ne pas sombrer dans le mélo larmoyant (alors qu’il y aurait largement de quoi) mais surtout, elles nous rappellent qu’aussi horrible soit cette histoire, elle est bien réelle.
Et finalement on en vient à se demander ce que serait devenue une Darling née dans une autre famille, dans un autre milieu. Et l’on se rend compte que pour beaucoup, l’égalité des chances n’est encore qu’un mot comme un autre…
Voilà donc un livre très fort, que je ne saurais que vous conseiller. Pour ma part, je suis maintenant prête à regarder le film à sa sortie en DVD.
21 janvier 2008
Mon premier défi
J'ai vu sur les blogs lecture que je fréquente plus ou moins régulièrement, que la mode semblait être aux challenges en tous genres. Jusqu'ici je n'avais pas trop envisagé de prévoir mes lectures à l'avance, me contentant de noter les bonnes idées glanées ça et là dans un petit carnet spécialement prévu à cet effet.
Au moment de mes approvisionnements, je pioche à peu près autant dans mon carnet que dans les conseils du libraires ou au petit bonheur de ce qui se trouve sur les tables et les rayons. Bref, dans mes lectures aussi c'est l'impro qui domine.
Et puis je suis tombée sur le challenge "Le Nom de la Rose" chez Happy Few et Littérature Passion.
Il consiste à lire en 2008 6 livres comprenant chacun dans son titre une couleur, un animal, un prénom, un lieu géographique, un phénomène météo et une plante. J'ai bien aimé le petit défi de trouver des livres qui rentrent dans les critères, et surtout le fait qu'il n'y en ait que 6 : ça ne me bloque pas à l'avance une année de lecture, loin de là.
J'ai donc décidé de me lancer et après quelques recherches et beaucoup d'hésitations, voici mon programme :

- La Couleur : L'homme aux cercles bleus, Fred VARGAS
- L'animal : Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur, Harper LEE
- Le Prénom : Darling, Jean TEULE
- Le Lieu Géographique : Vague à l'âme au Botswana, Alexander McCall SMITH
- Le phénomène météo : Le tueur des tornades, Alice BLANCHARD
- La plante : Le Dahlia Noir, James ELLROY
Depuis le temps que le Dahlia noir est sur ma liste et que je continue à ne pas me décider à le lire, ce challenge m'aura au moins permis de m'y mettre ! [Ceci dit j'aurais tout aussi bien pu y mettre Le nom de la rose, qui est dans le même cas...]. Quant à l'histoire des tornades, je ne connais pas du tout cette Alice Blanchard, mais le libraire m'a indiqué qu'elle avait obtenu un prix pour son premier roman, alors je tente le coup malgré le titre un peu cucul.
Pour finir, comme j'ai rédigé cette note avec un peu de retard et Darling se lisant bien plus vite que je ne le pensais, j'ai pris un peu d'avance puisque je l'ai fini hier. Je vous en parle bientôt.
Pour le reste, fidèle à ma sériomaniaquerie, j'ai décidé de les lire dans l'ordre...
18 janvier 2008
Grandeur et décadence
Voici un nouveau polar, d'un auteur dont je n'avais une fois de plus jamais entendu parler jusqu'à ce qu'une amie de bon conseil (celle-là même qui m'avait déjà conseillé La Bouffe est Chouette à Fatchakulla) m'en dise beaucoup de bien. Son argument principal étant l'humour du Carl en question, je me suis laissée tenter.
Pêche en Eau Trouble - Carl HIAASEN, 1999
Pour entrer dans l'univers de Carl Hiaasen, il faut d'abord ne pas se laisser rebuter par la couverture. En ce qui me concerne, je n'aurais jamais arrêté mon regard sur cette couverture blanche ornée d'un poisson mécanique bizarroïde... Ça fait très démodé et reflète assez mal l'univers de l'auteur.
Il faut ensuite passer l'impression de froideur qui se dégage des premières pages du livre et ses descriptions du monde de la pêche, pour se laisser emporter à la découverte des personnages. Tous prendront de l'ampleur, tous auront un rôle à jouer, un secret à cacher, et une sacrée personnalité. Tous ont en eux cette légère dose de folie ou d'étrangeté qui les rend attachants, y compris les méchants.
Une fois ce cap franchi, on découvre une histoire rocambolesque et pleine de rebondissements sur les tricheries, manigances et complots dans le domaine de la pêche au bass.
L'histoire débute lorsque Decker, un photographe reconverti dans les enquêtes privées, est embauché par l'un des plus riches pêcheurs de bass de Floride. Il doit démasquer les tricheurs qui empêchent son client de gagner les sommes pharamineuses en jeu lors des concours de pêche.
Après s'être lié d'amitié avec le siphonné local et avoir échappé à la mort, il se retrouve accusé d'un meurtre qu'il n'a pas commis. L'enquête prend alors une toute autre tournure et rassemble autour de Decker toute une équipe de personnages inattendus.
Le style de Hiaasen est à l'image de ses héros : enjoué, dynamique, moderne et à la fois très sombre. Le résultat est un langage parfois presque parlé, qui se lit avec gourmandise. On avale les mots comme on avalerait des sucreries : avec avidité et délectation. Chaque page tournée révèle son lot de surprises et il est souvent difficile de refermer le livre tant l'on se sent bien en compagnie de ceux qui l'habitent.
La fin, évidemment, est une petite apothéose de moments savoureux, même si j'avoue être restée un petit peu sur ma faim quant à certains détails.
Pour une plongée instructive et dépaysante dans le milieu de la pêche en Floride, pour un long voyage ou pour les soirées d'hiver, ce polar pêcheur mérite une place sur votre table de nuit.
En ce qui me concerne, je m'en vais de ce pas consulter la bibliographie de Carl Hiaasen et rajouter quelques titres à ma liste...
- Son site officiel (en anglais)
08 janvier 2008
Retour à la lecture
J'ai un peu de mal à m'exprimer ici ces derniers temps, alors comme je n'ai pas envie de laisser ce blog à l'abandon, je vais essayer de me concentrer un peu sur mes lectures et visionnages de films.
Et puis depuis le temps que je me contente de changer l'image du livre en cours dans l'album photo sans prendre le temps de le commenter, j'ai de quoi faire ! Bon, par lequel je commence ?
Allez, je choisis un petit livre amusant et plein d'humour, qui conviendra parfaitement à ceux qui comme moi ont un petit moral.
God Save la France - Stephen CLARKE, 2005
Paul est un jeune anglais qui vient de réaliser un rêve : il a décroché un job à Paris et va donc pouvoir s'installer en France pour au moins un an. Evidemment, il va prendre un choc culturel inattendu dans la figure, aussi bien au niveau professionnel (ah ces réunions stériles qui n'en finissent pas, ce management de projet mou du genou et ces vendredis après-midi déserts...) que personnel (comment obtenir ce qu'on veut et dans des temps raisonnables du serveur odieux, s'en sortir en cas de grève des éboueurs, draguer les filles et surtout, éviter de marcher dans la merde ?). Comme les préjugés vont dans les deux sens, son image de petit anglais, gentleman et nonchalant ne va pas l'aider beaucoup à trouver sa place.
Ajoutez à ça un patron des plus louches qui va le faire entrer, de façon assez rocambolesque, dans le monde des magouilles, et ça commence à faire beaucoup pour un seul homme, tout anglais soit-il...
Je n'avais pas lu le livre à sa sortie, parce que je pensais que ce serait une sorte de pamphlet anti-français et totalement de mauvaise foi. Il faut dire que, si ma mémoire est bonne, il est sorti pile au moment du boycott de nos produits , au début de la guerre en Irak. Sans compter que le titre original ("A Year in the Merde") n'était pas pour me persuader du contraire... J'ai finalement craqué, poussée par la curiosité. Et j'ai bien fait.
Alors bien sûr, la caricature, comme toute caricature qui se respecte, force le trait (on a jamais vu une grève d'EDF priver qui que ce soit de courant), mais on s'y reconnait sans trop de mal. Et puis il faut dire que nos petites manies, vues de l'extérieur, sont assez désopilantes. Hilarantes parfois. Comme cette scène où notre anglais commande à l'aveuglette un chèvre chaud et s'attend à trouver dans son assiette une bête à cornes.
Si l'intrigue, fil rouge du récit, est assez tirée par les cheveux, le ton caustique est bourré d'un humour très imagé et vaut à lui seul largement la peine de lire le livre.
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé, et j'ai surtout beaucoup ri (y compris dans le bus...), ce qui m'arrive somme toute assez rarement en lisant. Pour un moment relax ou pour se changer les idées, n'hésitez pas, plongez-vous dans la caricature !
11 décembre 2007
Un livre en goguette, attrapez-le !
J'ai fini hier soir le livre-voyageur de Fashion Victim [s'il vous intéresse, manifestez-vous sur son blog : il est encore temps de faire partie de la ronde].
J'aime beaucoup ce principe de livre itinérant, et l'idée que d'autres l'ont lu et le liront juste après moi me ravit. Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas piquer l'idée à l'occasion... Toujours est-il que j'envoie le livre à Goëlen dès que j'ai 2mn pour passer à la poste.
Mais revenons-en au livre.
Court, Noir, Sans Sucre - Emmanuelle URIEN, 2005
J'ai donc découvert ces 13 nouvelles très brèves, très noires, à la vérité cinglante, et je les ai dévorées.
Aucun titre n'aurait pu mieux convenir à ce recueil. L'auteure nous livre des histoires et des personnages sans fioritures, sans édulcorant. C'est incisif et ça va droit au but ; chaque chute est comme une claque : nette, percutante. Tout est très noir et plutôt désespéré, mais les personnages sont pourtant tellement humains !
C'est sans doute cette honnêteté face à notre nature qui touche autant. Ici, pas de faux-semblants, pas de prétextes, mais des émotions brutes, des situations cruelles.
Le thème central est la mort ; celle du narrateur, celle d'un personnage, parfois celle d'un enfant. Mais toujours cette petite touche d'humanité qui appelle l'identification.
J'ai particulièrement aimé "La place du mort", pour l'ambiance glaciale qui s'en dégage, et "La mer à boire" qui m'a semblé familier. Quant à "Tristesse limitée", on se demanderait presque ce qu'elle vient faire là tant la chute contraste avec les autres. Ce petit recueil est donc une excellente surprise, à découvrir pour tous ceux qui aiment leur café bien corsé, sans sucre...
- Ce qu'en pensent Fashion Victim et Bladelor.
- Le site de l'auteure (qui donne envie d'en lire plus)
- Et ICI, on peut lire l'une des nouvelles, Femme d'Intérieur, en entier (NB : Lien trouvé sur le site d'Emmanuelle Urien)
08 décembre 2007
Petit colis du samedi
Ce matin, j'ai eu la bonne surprise de trouver dans ma boîte aux lettres un petit colis de la part de Bladelor. "Tiens donc, mais qui peut bien m'envoyer un paquet juste avant noël ?"
Mais oui, c'est le Livre-voyageur de Fashion Victim qui continue son chemin et fait une petite halte chez moi, chouette !
En plus du livre m'attendaient une jolie petite carte de saison ainsi qu'un marque-page sous forme d'hommage à miss-mon-chat, merci Bladelor !
Court, Noir, Sans Sucre d'Emmanuelle Urien
Je vous en parle dès que je l'ai fini
19 novembre 2007
Le gros lézard Seksuel
Sur les bons conseils de Fashion Victim qui le citait il y a quelques jours parmi l'un des livres qui l'avaient le plus fait rire, je me suis procuré ce petit polar multicolore et acidulé. Bien m'en a pris !
Le Lézard Lubrique de Melancholy Cove, Christopher MOORE
La petite ville de Melancholy Cove vit au rythme des saisons touristiques. Après l'effervescence de l'été, la petite station balnéaire retrouve calme et sérénité dès les premières couleurs automnales. Du moins en est-ce ainsi d'ordinaire. Mais cette année les événements vont prendre une tournure inattendue et bouleverser le quotidien de ses habitants, bien plus surprenants qu'on n'aurait pu le soupçonner...
Le suicide d'une femme apparemment sans histoires, puis l'arrivée en ville d'un bluesman, traînant sans le savoir dans son sillage un énorme lézard-caméléon vont avoir sur le comportement des habitant, et en particulier sur leur libido, d'étranges effets...
Ajoutez à ce p'ti cocktail un flic local à la ramasse, une psy avec des états d'âme, une ex star de films de série Z qui essaie de se débarrasser de sa voix off, un shérif un peu louche ou un pharmacien qui craque pour les cétacés, saupoudrez le tout d'une bonne dose d'humour et un talent de conteur, vous obtiendrez un polar décalé et drôle, digne de figurer dans votre bibliothèque.
Vous l'aurez compris, j'ai beaucoup aimé ce livre, lu en un rien de temps. Il se dévore (c'est le cas de le dire, hahaha) en toutes circonstances, et les petits chapitres permettent de lire quelques pages dans le bus, sans devoir s'arrêter au milieu d'une action.
J'ai particulièrement apprécié les changements de points de vue. L'histoire se vit en effet tour à tour par les yeux des différents protagonistes. Parmi eux un chien, et même le fameux lézard... Ces basculements sont toujours fait avec a propos et rendent la lecture très dynamique : pas de temps morts, pas de blabla inutile.
Quant à l'humour, c'est tout comme j'aime, où comment raconter des énormités avec le plus grand sérieux. J'adore !
En un mot comme en cent : n'attendez pas pour lire ce petit ovni dans le monde des polars.
PS : Merci Fashion Victim pour cette bonne idée de lecture !
26 septembre 2007
Comprendre, c'est tout.
Diable, ça fait une éternité que je n’ai pas parlé de bouquins ici… Il y a du relâchement dans l’air, rien ne va plus ! Je vais donc remédier à ce laisser-aller scandaleux et vous parler du petit dernier que je viens de finir. Ce livre
est sur ma liste depuis le mois de mars, mais entre temps on m’en a
tellement prêté que je n’avais pas eu le temps de m’y intéresser…
L’Attentat - Yasmina Khadra, 2005
Le livre raconte l’histoire d’Amine Jafaari, un éminent chirurgien respecté de ses pairs et admiré de son entourage. Amine est musulman et il vit en Israël. Pour lui ça n’a jamais été un problème. Peu impliqué dans sa religion, il est bien loin des préoccupations de la guerre qui fait rage entre son pays d’adoption et celui de ses racines, se contentant de soigner les blessés lors des attentats.
Alors lorsqu’il apprend que le dernier attentat-suicide en date, dont il a opéré les victimes, a été provoqué par sa propre femme, son monde bascule. Il décide alors de comprendre comment sa femme a pu renoncer à la vie pour une cause qui ne la concernait apparemment pas, et surtout, comment lui a pu passer à côté de ce changement radical chez elle. Il entame alors un pèlerinage sur les traces de ses derniers jours et renoue avec son passé et ses origines.
J’ai trouvé ce livre très dur. Le personnage principal vivait dans un bonheur artificiel qu’il se fabriquait en ignorant consciencieusement ce qui se passait dans le monde qui l’entoure et le jour où la vitre sans teint de ses illusions vole en éclat, c’est toute sa vie qu’il faut remettre en question.
Du jour au lendemain, il est abandonné par ses collègues, ses voisins, ceux qu’il pensait être ses amis. Presque seul au monde, alors qu’il retourne dans son passé pour tenter de comprendre, il se trouve confronté à un tout autre monde, une toute autre forme de pensée, qu’il ne parvient pas à comprendre.
Cette communication impossible entre deux mondes m’a rendue triste, elle montre à quel point l’issue de cette guerre est impalpable, improbable. Ce livre renvoie aussi à la solitude de celui qui veut fuir ses racines et se retrouve inexorablement ramené vers elles.
Il n’y a aucun espoir dans ce livre. Pas un brin d’optimisme ou de ciel bleu au loin. Rien que les relents de morts que la guerre traîne dans son sillage. Dire que je l’ai aimé serait alors un bien grand mot. La lecture n’a certes pas été agréable, mais elle permet en quelque sorte une remise en perspective de nos petites vies sans soucis et sans drame…
Ce livre est en fait le second volet d’une trilogie, après Les Hirondelles de Kaboul et avant Les Sirènes de Bagdad) du même auteur, consacrée à ce thème.
21 juillet 2007
YESSSS !!!
Ce matin, une fois n'est pas coutume pour un samedi matin, je me suis levée tôt. Mais ce matin c'était cas de force majeure. Si j'étais debout aux aurores (9h15, l'aube, quoi !), c'était pour ne pas rater monsieur le facteur, qui m'a gentiment évité de me déplacer jusqu'à la librairie.
Car ce matin, voici ce que j'attendais :
J'ai hâte les enfants, j'ai hâte !!!
Ceci dit je suis un peu embêtée, parce que je n'ai pas encore fini le Chattam que j'ai en cours. Du coup j'hésite. J'ai très envie de me jeter tout de suite sur mon petit sorcier préféré, mais j'ai aussi envie de faire durer le plaisir. Parce que savoir que ce sera le dernier me désole un peu, et savoir que ça va être l'hécatombe ma désole encore plus.
Je crois que je vais finir mon histoire de tuerie dans la marine et me contenter de reluquer la couverture pendant quelques jours encore...
-Pis si vous êtes pas sages, je vous raconte la fin dès que je l'ai lue... (gnarc-gnarc !)-
08 juillet 2007
Le Jour et la Nuit
On dirait que je suis dans une mauvaises passe niveau bouquins en ce moment, celui que je viens de finir ne valait pas tellement la peine... Pourtant, une fois encore le 4e de couv' et sa réputation étaient prometteurs.
Les Sentinelles de la Nuit, Serguei LOUBIANENKO (2002)
Je n'ai entendu parler de ce livre qu'au moment de la sortie de son adaptation au cinéma (Night Watch de Timur Bekmambetov, 2005, qui avait été plutôt bien accueilli). Le thème et le fait que ce soit un livre russe dont l'intrigue se déroulait à Moscou, avait attisé ma curiosité aussi quand j'ai eu l'occasion de le lire, j'ai sauté dessus.
Il y a bien longtemps, les forces du bien (les "clairs") et du mal (les "sombres") ont signé un armistice, ayant constaté que leur lutte ancestrale ne verrait jamais de vainqueur et causait finalement autant de dégâts dans un camp qu'elle n'en infligeait à l'autre. Il fallait se rendre à l'évidence : les deux camps étaient à égalité. Afin de préserver cet armistice, un pacte a été conclu entre les clairs et les sombres. Pour chaque bonne action accomplie, l'autorisation d'en mener une mauvaise, et vice-versa. Le Contrôle de la Nuit est chargé de veiller à ce que les méchants ne dépassent pas leur quota de mauvaise action ou ne se servent de la ville de Moscou comme d'un garde-manger. De son côté, le Contrôle du Jour surveille les gentils et fait en sorte qu'ils ne commettent aucune bonne action illicite.
Dans le premier volet de cette trilogie, on suit le Contrôle de la Nuit, et en particulier Anton un jeune mage de faible niveau, dans sa découverte des manigances de ses supérieurs pour tenter de renverser l'équilibre. Au fur et à mesure qu'il comprend que les deux camps sont plus proches qu'il ne l'imaginait, ses doutes grandissent sur la légitimité de l'armistice.
L'idée de base de ce livre est vraiment intéressante. quelle est vraiment la différence entre le bien et le mal ? Ce qui est bien pour l'un peut-il en même temps être mal pour un autre ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Comment être certain que nous avons choisi les bons principes de vie ? Bref, autant de pistes de réflexions qui auraient pu être habilement développées.
Sauf que tout ça reste désespérément superficiel. Tout n'est qu'effleuré et la seule raison pour laquelle le volume fait 475 pages, c'est que le héros tourne en boucle, se pose sans cesse les mêmes questions, peut-être par souci que tous les lecteurs aient bien compris à quel point il doute... Du coup la fin du livre arrive, après 3 parties, qui peuvent presque se lire comme des nouvelles séparées, et on n'a pas l'impression d'avoir avancé. J'ai même été plutôt soulagée d'en finir, et surtout que le narrateur se taise enfin. J'avais le vague espoir que dans le second tome, qui se passe au sein du Contrôle du Jour, le narrateur change, mais il semblerait bien que non, donc je crois que je vais arrêter les frais tout de suite...
Ceci dit, ça m'a quand même donné envie de regarder le film, pour voir comment ça a été traité.
Et vous, vous l'avez vu, le film ?




