crowdEn général, bien que je dise souvent que je n’aime pas les gens, au pluriel, j’ai plutôt tendance à avoir un a priori positif sur le gen, au singulier.
Individuellement, je crois encore à l’intelligence et à la logique humaine. A divers degrés certes, mais je ne m’étais jamais considérée comme mieux pourvue que les autres, puisque je pensais, naïvement sans doute, qu’il n’existait que peu d’imbéciles. Au fil du temps, force m’a été de constater que j’avais tort au moins sur un point et que des imbéciles, il y en a à foison.

Depuis que je prends à nouveau les transports urbains à la place du train, je me rends compte que oui, des imbéciles il y en a plein, et qu’ils prennent tous le bus...
J’avais oublié ces gens qui se précipitent vers l’intérieur à peine les portes entrouvertes, quitte à piétiner les malheureux qui tentent sortir. Oublié ceux qui, une fois à l’intérieur, vont s’entasser comme du bétail devant la porte, créer un gros bouchon, empêcher tout le monde de passer, mais jamais, jamais, se séparer du groupe et se mettre dans la petite allée pour faire de la place. Combien de fois j’ai dû laisser filer un tram où il restait plein de place mais dans lequel il était impossible de monter à cause de la meute devant la porte.
Comble de tout, la société de transport a été jusqu’à créer et afficher des autocollants sur les portes pour inciter les gens à laisser sortir les voyageurs avant d’entrer ; et dans les bus c'est un fléchage au sol qui indique le chemin vers le fond... Comment peut-on en arriver là ? A mettre en place des outils de communication pour inculquer le bon sens aux gens ?! Difficile alors de ne pas céder à la tentation de penser que ce sont tous des abrutis !

Mais j’ai fini par réaliser que ce n’est finalement pas tant une absence de sens commun qu’une gigantesque dose d’égoïsme : “je suis dedans, pas envie de lutter pour sortir alors je reste devant la porte et merde aux autres”.
Des cons au lieu d’imbéciles ? Je sais pas ce qui est mieux...

Mais j’ai été récemment confrontée à un autre phénomène.
Il se trouve que la porte d’accès à un immeuble que je fréquente n’a pas de poignée. De l’extérieur elle s’ouvre avec une clef ou avec l’interphone, et de l’intérieur grâce à un bouton intitulé “ouverture porte”. La subtilité c’est que pour ouvrir, il faut simultanément appuyer sur le bouton ET pousser la porte. Déroutant. Il est donc facile de se faire avoir la première fois en lâchant le bouton avant de pousser la porte. Mais comme la pression du bouton est accompagnée d’un petit son indiquant le déverouillage, son qui cesse dès qu’on lâche, il est assez facile de saisir le principe. Du moins je le pensais.
Honnêtement, combien de temps pensez-vous qu’il faille à un être humain standard pour comprendre comment ouvrir cette porte ? Eh bien longtemps. Très. Vraiment.
A chaque fois que je sors de cet immeuble (souvent, donc) je croise quelqu’un en train d’essayer de démonter la porte. A chaque fois j’indique le bouton et à chaque fois on me répond ”ça marche pas” et on me le prouve en s’acharnant sur le bouton, la porte, le bouton, la porte mais JAMAIS les deux en même temps. Puis quand je finis pas interrompre le manège, passer devant et ouvrir, on me regarde comme si j’étais le messie.
Sérieusement, à chaque fois je pense à des rats dans un labyrinthe et je me demande qui aurait compris le plus vite...

Est-ce que tout est tellement prémâché, simplifié, assisté aujourd’hui, que les gens deviennent incapable de réfléchir par eux-mêmes ?? Si oui, ça expliquerait bien des choses...

En ce qui me concerne, l’idée de voir l’égoïsme des gens du bus associé à la bêtise des gens de la porte me fait froid dans le dos ! Mais je crois qu’on y est déjà, non ?