puzzlePas facile, dans la vie, de savoir où placer la barre...
Si la perfection n'est pas de ce monde, et je pense qu'on peut s'accorder à dire que non, elle n'y est pas, faut-il s'acharner à s'en approcher le plus possible ou bien se contenter du stade "satisfaisant" ? Je sais depuis longtemps (merci Mamie) que le mieux est l'ennemi du bien, mais je commence seulement à comprendre que chercher à l'atteindre est une perte de temps, d'énergie et surtout empêche de profiter de ce qu'on a et qui n'est parfois pas si mal.
Dit comme ça, ça parait simple.

Sauf que... Comment savoir où s'arrête le bien et où commence le mieux ? Comment savoir que l'on ne pourra pas s'approcher plus près de cette fichue perfection-fantôme ? Faut-il alors se contenter de ce que l'on a sans chercher plus loin, quitte à passer à côté de choses merveilleuses ? Quel est le juste dosage entre attentes et attentisme ?

On m'a dit récemment que j'étais "trop sérieuse" et que j'avais tendance à voir des enjeux partout. D'une soirée entre amis au choix de ma garde-robe, tout est sujet à conséquences, qu'il faut en permanence évaluer avant de se lancer.
Après avoir rejeté en bloc cette drôle d'idée, j'ai dû me rendre à l'évidence : moi qui me voyais comme quelqu'un de plutôt relax et peu sujette à la pression, j'y étais finalement soumise en permanence, à cette différence près qu'il s'agissait de la mienne et non de celle imposée par les autres.
En voilà une révélation fracassante qui a de quoi bouleverser tous mes schémas établis (et mine de rien, à 30ans on a eu le temps d'en établir, des schémas !).

S'en suivirent une période d'introspection et une tentative de mise en perspective de mes principes de fonctionnement. Tout ça nous amène à ma résolution février 2008 (celle de janvier est une autre histoire...) qui consiste à prendre les choses comme elles viennent plutôt que de tout anticiper. A ma grande surprise, j'y arrive plutôt bien et je commence doucement à me rendre compte de ce que "lâcher-prise" signifie vraiment. D'ailleurs ma dose de fatigue en fin de journée a sensiblement diminué ces dernières semaines, ce n'est sans doute pas un hasard.

Mais tout ça ne m'empêche évidemment pas de m'interroger, notamment sur les attentes qu'il est "légitime" d'avoir dans la vie. Et comme pour moi, qui dit attentes dit action, donc forcément analyse préalable histoire de ne pas s'éparpiller, hop, on se retrouve sournoisement à cette tendance à sérieusifier la vie.

A ce stade-là, il faut bien admettre que je suis complètement perdue.
Parce que la vie, c'est un peu du sérieux, non ? Après tout c'est tout ce qu'on a, alors autant en faire quelque chose de bien. C'est précisément là que le bas blesse : quelque chose de bien, c'est quoi au juste ?
Et nous voilà revenus au début de ce post, à la perfection-fantôme impossible à atteindre, et c'est reparti pour un tour. [Pour plus de réalisme, vous pouvez relire le tout depuis le début et enchaîner comme ça 5/6 fois d'affilée, vous saurez alors dans quel état d'esprit je me trouve en ce moment : celui de quelqu'un qui vient de se taper 5 tours de grand huit et a un peu la tête à l'envers...]

Je sais ce que vous allez dire, je vous entends d'ici : "Cely, tu te prends trop la tête !" Et je sais que vous avez raison. Alors pour prendre un peu de recul, je crois que je vais me faire un DVD. "La vie l'amour, les vaches", ça me semble une bonne piste, non ?
[NB pour ceux qui ne connaissent pas ce chef d'œuvre absolu (huhu) : dans ce film, Billy Crystal, en pleine crise existencielle, part dans un ranch pour trouver le sens de la vie]