chenilleY'a un truc que je trouve tout de même incroyable, c'est cette propension de l'être humain à l'autoflagellation et à la culpabilisation permanente. Et le pire dans tout ça c'est que ce sont rarement ceux qui ont de quoi culpabiliser qui se ruinent le cerveau avec ça.
J'ai dans mon entourage deux extrêmes flagrants.

Prenons une jeune femme. Belle, intelligente et vachement perspicace. Son caractère bien trempé lui vaut le respect de son entourage. Sa capacité à résister, en apparence du moins, au stress et à réagir face aux coups durs en font un réel soutien pour ses amis et sa famille. Une fille géniale, quoi.

Un jour cette fille géniale rencontre un gars. Et ces deux là commencent une vie de couple rangé. Le gars en question fait l'unanimité auprès des proches de la fille, on pense qu'ils se sont bien trouvés. Sauf que finalement ce gars est bien loin du prince charmant. Des tensions se créent entre eux, qui dégénèrent en bagarre. On tente alors de faire comprendre à la fille que cette relation n'est pas saine, qu'une relation de couple ne peut pas engendrer la violence. Mais le gars a réussi un tel travail de fond que notre fille géniale est persuadée que son caractère bien trempé est la cause de tous les maux.
Fi des injures et des colères, des bagarres et des coups ; elle est convaincue que si elle parvient à aseptiser ses humeurs; le gars sera heureux et son couple idyllique.

De ruptures en réconciliations, elle se culpabilise, créant un fossé entre ceux qui, pour son bien, la mettent en garde, jouant ainsi le jeu du minable qui partage sa vie. Cette culpabilité d'être elle-même l'empêche de réaliser quel manipulateur toxique vit avec elle, et quelle virtuosité il mis en oeuvre pour la rabaisser dans sa propre estime.

Et dans cet océan de remise en question, le seul qui trône, sûr de son bon droit, est ce mécréant qui pourrit la vie de cette jeune femme formidable !

Ces deux extrèmes me laissent perplexe. Je me demande ce qui pousse quelqu'un, au delà de s'interroger sur soi-même, à s'accuser de tous les torts, et ce alors même que les vrais responsables ont l'esprit en paix.
Je me dis que le monde n'est pas prêt de tourner rond, et qu'il y a un long chemin à parcourir avant que les manipulateurs n'aient plus prise sur ceux qui doutent. Mais je me dis aussi qu'heureusement que ceux-là existent, car eux au moins ont un coeur !