blogLe soir avant de dormir, je pense à plein de trucs. Des fois je pense à mon blog. Et puis je pense à vous. (Oui-oui, vous qui lisez ces lignes). La plupart du temps, ce ne sont que ce genre de pensées décousues qui précèdent le sommeil. On s'en rend pas vraiment compte, le cerveau s'emballe tout seul et continue sur sa lancée, puis on s'endort, parfois au milieu d'une réflexion à haute valeur intellectuelle (qui aurait pu changer la face du monde, pour peu qu'on s'en souvienne le lendemain matin... si-si, rien que ça !!).

Mais hier soir, j'avais pas si sommeil, et j'ai eu le temps de développer un peu mes pensées, et du coup ce matin il m'en restait vaguement quelque chose.

Or donc, je pense parfois à vous avant de m'endormir. C'est qu'alors vous faites un peu partie de ma vie (plus en tout cas que ma voisine par exemple, à laquelle je ne pense jamais à ce moment-là). Pourtant, je ne vous ai jamais vus, et pour la plupart, je ne vous verrai jamais. Je ne vous ai même jamais parlé ni écrit directement, personnellement. On peut donc dire que finalement on ne se connait pas. Et pourtant vous êtes là, dans ma tête au moment de dormir.

Comment ça ce fait ? Par quel phénomène étrange les blogs permettent-ils de s'attacher à des gens dont on ne sait (presque) rien ? Des gens qui pourraient bien être des cons finis dans la vraie vie. Ou mentir sur toute la ligne dans leur blog et être en réalité mon voisin de pallier ou le véto du chat. Allez savoir.
Et pourtant, chaque jour, j'ai besoin de savoir ce qui vous arrive. Quelle aventure rocambolesque est arrivée à Fyfe, quel bouquin Clochette a lu, quel thème Denis va aborder, comment vont les enfants de la JD ou ceux de Double P,... Bref, je suis accro à vos vies, du moins à cette petite partie d'elles ou de vous que vous montrez.

Mais d'où vient ce besoin de se sentir proche de parfaits inconnus virtuels alors que n'importe quel quidam qui tenterait de me dire ce genre de choses en vrai, me ferait fuir en 4e vitesse? Peut-être parce qu'avec les blogs il n'y a pas de contrainte. Rien d'imposé. Pas d'engagement. J'écris. Je vous lis. Point. Je ne vous dois rien, et vice-versa. Si un jour je n'ai plus envie de vous lire ou plus envie d'écrire, j'arrête, je disparais, c'est tout. Et ça s'arrête là. Pas de justification ni de comptes à rendre.
Et c'est peut-être justement cette liberté, cette absence d'engagement, qui font qu'on se rapproche. Ce qui est dit l'est sans enjeu ni arrière-pensée. Une sorte de défouloir, mais un défouloir organisé, structuré et qui du coup touche les autres. Ces autres qui me lisent, m'apprécient sans doute un peu, et pensent peut-être à moi le soir. Ces autres sans qui je parlerais/écrirais dans le vide (ce qui ne m'empêcherai probablement pas de continuer, même si ce serait quand même vachement moins bien !).

J'ai parfois l'impression d'en connaître certains si bien, que l'envie me prend de les rencontrer pour de vrai. Pour concrétiser ce lien si fragile et si virtuel. Et puis j'hésite. Je me demande si cette rencontre ne casserait pas tout. Si justement ça ne ferait pas entrer quelques enjeux dans l'histoire. Alors je n'en fais rien, même si souvent, ça me démange.

Hier soir avant de dormir, je me suis demandé pourquoi j'avais ouvert ce blog, et pourquoi j'aimais tellement lire les vôtres. J'ai trouvé la réponse ce matin : j'aime écrire et ce petit espace me permet d'exprimer, de formuler avec des mots tout un tas de p'tites choses qui me passent par la tête. Je me suis rendue compte aussi, et surtout, que le fait d'écrire chaque jour me donne un autre regard sur le quotidien. Me permet de trouver plus souvent cette petite étincelle d'inattendu dans la routine.
J'aime vous lire parce que vos blogs me font rire, rêver, réfléchir, et tout comme le mien, me donnent un autre regard sur le monde. Sur les gens. Me permet de vous imaginer, tels que vous n'êtes sans doute pas vraiment. Et ça fait du bien !