On dirait que je suis dans une mauvaises passe niveau bouquins en ce moment, celui que je viens de finir ne valait pas tellement la peine... Pourtant, une fois encore le 4e de couv' et sa réputation étaient prometteurs.

Les Sentinelles de la Nuit, Serguei LOUBIANENKO (2002)
Sentinelles_de_la_nuitJe n'ai entendu parler de ce livre qu'au moment de la sortie de son adaptation au cinéma (Night Watch de
Timur Bekmambetov, 2005, qui avait été plutôt bien accueilli). Le thème et le fait que ce soit un livre russe dont l'intrigue se déroulait à Moscou, avait attisé ma curiosité aussi quand j'ai eu l'occasion de le lire, j'ai sauté dessus.

Il y a bien longtemps, les forces du bien (les "clairs") et du mal (les "sombres") ont signé un armistice, ayant constaté que leur lutte ancestrale ne verrait jamais de vainqueur et causait finalement autant de dégâts dans un camp qu'elle n'en infligeait à l'autre. Il fallait se rendre à l'évidence : les deux camps étaient à égalité. Afin de préserver cet armistice, un pacte a été conclu entre les clairs et les sombres. Pour chaque bonne action accomplie, l'autorisation d'en mener une mauvaise, et vice-versa. Le Contrôle de la Nuit est chargé de veiller à ce que les méchants ne dépassent pas leur quota de mauvaise action ou ne se servent de la ville de Moscou comme d'un garde-manger. De son côté, le Contrôle du Jour surveille les gentils et fait en sorte qu'ils ne commettent aucune bonne action illicite.
Dans le premier volet de cette trilogie, on suit le Contrôle de la Nuit, et en particulier Anton un jeune mage de faible niveau, dans sa découverte des manigances de ses supérieurs pour tenter de renverser l'équilibre. Au fur et à mesure qu'il comprend que les deux camps sont plus proches qu'il ne l'imaginait, ses doutes grandissent sur la légitimité de l'armistice.

L'idée de base de ce livre est vraiment intéressante. quelle est vraiment la différence entre le bien et le mal ? Ce qui est bien pour l'un peut-il en même temps être mal pour un autre ? La fin justifie-t-elle les moyens ? Comment être certain que nous avons choisi les bons principes de vie ? Bref, autant de pistes de réflexions qui auraient pu être habilement développées.
Sauf que tout ça reste désespérément superficiel. Tout n'est qu'effleuré et la seule raison pour laquelle le volume fait 475 pages, c'est que le héros tourne en boucle, se pose sans cesse les mêmes questions, peut-être par souci que tous les lecteurs aient bien compris à quel point il doute... Du coup la fin du livre arrive, après 3 parties, qui peuvent presque se lire comme des nouvelles séparées, et on n'a pas l'impression d'avoir avancé. J'ai même été plutôt soulagée d'en finir, et surtout que le narrateur se taise enfin. J'avais le vague espoir que dans le second tome, qui se passe au sein du Contrôle du Jour, le narrateur change, mais il semblerait bien que non, donc je crois que je vais arrêter les frais tout de suite...
Ceci dit, ça m'a quand même donné envie de regarder le film, pour voir comment ça a été traité.
Et vous, vous l'avez vu, le film ?