classeVous l'aurez certainement compris au vu de mon manque d'assiduité sur ce blog depuis quelques semaines, je suis overbooked. Comme je me l'étais promis au mois d'août, j'ai décidé de remplir mon emploi du temps et de profiter un peu mieux de mes soirées plutôt que de mémériser devant la télé (et devenir accro à encore plus d'émissions que je ne le suis déjà). Pis faudrait voir à ce que mon nordinateur ne finisse pas par devenir mon meilleur ami. Sans compter que malgré tous mes efforts, on ne bronze pas devant sa lumière (non pas qu'on puisse bronzer plus dehors, vu le nombre d'épaisseurs de fringues à porter par ces températures polaires...).
J'ai donc tenu parole et me suis inscrite à un cours d'espagnol, à un cours de photo et dans ma fameuse salle de sport (que mamlacheffe a finalement décider de ne pas fréquenter -ouf-). Tout ça m'occupe 4 bonnes soirées par semaines, plus une après-midi. A ça s'ajoutent les visites d'appart, totalement infructueuses jusqu'ici, les soirées de potes et les quelques séances de ciné que j'essaie de caser ça et là, histoire de ne pas complètement perdre de vue mon premier amour...
Autant dire que chez moi le ménage s'accumule, sans parler de la vaisselle... Mon appart est un champ de bataille et je prie juste pour que personne n'ait la bonne idée de passer à l'improviste ; ça achèverait de ruiner ma réputation de fille bonne à marier...
Mais je ne compte pas pour autant arrêter de parler de ma vie et celle des autres ici, c'est juste que ça va être moins régulier qu'avant... Bref, après ce petit interlude explicatif, j'en viens au vif du sujet.

Pour quelqu'un -au hasard, moi- qui a tendance à observer les comportements de ses congénères avec une inépuisable fascination, l'Université Populaire est une véritable mine d'or. Comme son nom l'indique, on y croise toutes sortes de gens de tous milieux, et avec  différents univers personnels. C'est un condensé de population, une sorte d'échantillon représentatif.
Je suis toujours surprise de retrouver dans une salle de cours les mêmes prototypes d'une année sur l'autre. Les gens changent, les rôles restent. Je sais pas vous, mais moi ça me fascine !

Cette année dans le rôle de l'assidu(e) du premier rang, nous avons une dame d'une cinquantaine d'années, qui doit avoir une revanche à prendre sur l'école, parce qu'elle tient visiblement à obtenir l'approbation du prof. Un mot à dire pour chaque question, un avis qui suit scrupuleusement celui de l'enseignant, des acquiecements permanents. Pas bonne élève pour autant puisque ses remarques sont souvent un peu simplistes. Le genre de personne extrêmement agaçante qui monopolise le débat pour ne rien dire, et qui en plus ne parle qu'au prof et non pas au reste de la classe.

Dans le rôle de l'agitateur du fond, nous avons un homme d'une petite quarantaine d'année, le look rebelle de post ado, la démarche style loulou et veste en jean fourrée de circonstances. Evidemment l'agitateur du fond de l'Université Populaire étant là de son plein gré, il reste tout de même assez sage, mais prend un malin plaisir à faire des remarques acerbes et à grommeler son désaccord, surtout envers l'assidue du premier rang. Leurs jeux de ping-pong verbaux, sous l'oeil impuissant du prof, sont assez amusants bien que totalement improductifs.

Dans le rôle de la bonne élève, sans doute la benjamine du cours, une étudiante d'une vingtaine d'années, habillée tout en noir et dont le long manteau à la Matrix ou le vernis sombre donnent une image complètement décalée au premier abord, en comparaison de son attitude pendant le cours. La bonne élève a une intelligence subtile et vive. Elle comprend toutes les questions et y apporte des réponses fouillées et inattendues. Elle repère en un clin d'oeil une référence à l'oeuvre de Matisse et laisse ses camarades comme deux ronds de flanc, admiratifs et un brin jaloux de ne pas y avoir pensé les premiers. Loin d'être grande gueule ou autosatisfaite, la bonne élève rebondit sur les propos des autres et fait avancer la classe (celle de cette année est particulièrement intéressante je trouve).

Le rôle des bonnes copines du fond de la classe est joué par deux jeunes filles venues ensemble. Elles sont clairement là plus pour s'amuser que pour apprendre et ne ratent jamais une occasion de pouffer entre elles sans trop qu'on sache pourquoi.

La bonne camarade, il y en a plusieurs cette année, c'est à la fois cette femme aux cheveux longs et au visage souriant, qui ne manque jamais de faire partager à la classe ses réflexions parfois amusantes et ses incompréhensions par rapport à l'analyse du prof. Elle représente la majorité silencieuse qui n'ose pas trop poser de question, pesant être le seul naze à ne rien avoir pigé.
Mais c'est aussi cet homme du premier rang, la coupe à la brosse qui jure avec ses cheveux grisonnants, qui a clairement l'habitude de l'Université Populaire et met tout le monde à l'aise.

Et dans le rôle de l'asocial(e) de base qui essaie de se fondre dans les murs, ne parle à personne et quitte la salle les écouteurs vissés aux oreilles... ben cette année c'est moi. C'est bizarre parce que dans ce cours-là, je me sens revenue au lycée. J'ai l'impression d'avoir régressé et de retrouver ma bonne vieille case de discrète un peu coincée, qu'a sans doute l'air sympa mais à qui on va pas parler parce que ça a doit la faire chier. Alors que dans la vraie vie, j'ai quitté ce rôle depuis longtemps, et que par exemple dans la classe d'espagnol, j'aurais plutôt le rôle de la bonne camarade... Mais dans cette classe je ne me sens pas à l'aise, je n'aime pas l'ambiance et je n'ai envie de parler à personne.

C'est fou comme l'influence d'un groupe peut jouer sur l'individu, et en quelque sorte le pousser vers l'une des catégories nommées ci-dessus. C'est sans doute pour cette raison qu'on retrouve systématiquement les mêmes types de personnages d'une année sur l'autre, mais que personne ne reste figé dans son rôle : dans un autre cours, la bonne élève est peut-être l'asociale, l'agitateur bon camarade...

C'est décidé, l'année prochaine je prends sociologie !