Ça fait plus d'un mois que je n'ai pas parlé ici de mes dernières lectures, et j'ai accumulé pas mal de retard. Non pas que j'aie lu que du bon, mais ya quand même 2-3 bouquins dont je voulais vous parler. A commencer par le Douglas Kennedy, qui a visiblement reçu un accueil mitigé.

Cul de Sac, Douglas KENNEDY
culdesacL'histoire est celle d'un minable journaleux américain, qui décide du jour au lendemain de tout plaquer pour parcourir le vaste monde, et en particulier l'Australie. Il échoue donc à Darwin d'où, équipé d'un minivan à la mode hippie, il se lance à la découverte du Bush. Seulement voilà, son idée de traverser le pays du nord au sud ne va pas se passer comme prévu, et il va se retrouver piégé dans un pauvre bled, qui ne figure même pas sur les cartes, retenu par des gens plus que très très louches...

Alors moi ce qui m'avait poussée à choisir ce livre en premier lieu, c'était sa couverture. Un carton glacé tout doux et de belles couleurs me laissaient imaginer une épopée tout ce qu'il y a de plus exotique. Et de l'exotisme dans un polar, c'est pas ce qu'il y a de plus courant, vous me l'accorderez. Je ne connaissais pas du tout Douglas Kennedy, j'avais au mieux vaguement entendu parler de lui comme le super nouvel écrivain qui tue. Sauf que dans vos commentaires ici même, vous laissiez entendre qu'il était bien loin de mériter cette réputation. Voilà ma curiosité piquée à vif, et le livre placé en top priorité de ma reading list.

Et je dois dire que les premières pages de lecture m'ont placée d'emblée de votre côté. J'ai détesté tout de suite cette façon de décrire le personnage, un mélange d'arrogance et d'abondance de détails insignifiants. Et puis l'auteur en rajoutait des tonnes dans le style "polar noir et désabusé, style Hammet mais en franchement raté". L'horreur. Sauf que comme j'étais dans le train et que j'avais rien d'autre sous la main, j'ai continué à lire. Et qu'il semblerait qu'au fur et à mesure, soit on s'habitue au style et il parait moins flagrant, soit l'auteur se focalise un peu plus sur l'histoire et arrête d'en faire des tonnes sur les mises en situation. Toujours est-il qu'après quelques chapitres, j'ai commencé à me prendre au jeu et à avoir envie de connaître la suite.

Alors évidemment, l'écriture ne change pas du tout au tout, et si de franchement insupportable elle devient légèrement agaçante, elle n'est clairement pas la meilleure  raison de lire ce livre. L'histoire, elle, est plutôt originale. Vraiment tirée par les cheveux, certes, mais assez originale pour séduire. Ce qui m'a le plus intéressée, c'est cette inversion des rôles, qui place le héros masculin dans les griffes d'une folledingue. C'est la perte du pouvoir, qu'il pensait avoir au départ et qu'il perd brutalement à mi-chemin de l'histoire. Ça rappelle un peu (mais juste un peu) le Misery de Stephen King, et j'avoue que c'est une situation qui m'a bien plu, ça doit être un reliquat de sadisme féministe, allez savoir...

Du coup, ben je saurais pas trop dire si j'ai aimé ce livre au non. On va dire que dans l'ensemble j'en garde plutôt un bon souvenir, même si le démarrage a été difficile. Ceci dit, je ne pense pas qu'on puisse étendre cet avis aux autres Kennedy, même si j'ai maintenant assez envie d'en lire d'autre pour voir si je les trouve meilleurs que celui-ci ou pas (curiosité toujours... on n'se r'fait pas...).